Top articles
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Ma femme
MA FEMME À toi Quand le soleil m’enchaîne, les soirs d’orange en déclin, et que je penche vers mon ombre, dernier recours de ma présence : le bandeau de la peine me scelle la pupille, et suis comme l’enfant que le désir fuit à reculons. Le sang doit forcer...
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Lecture
Il faut que le poème jaillisse du silence blanc comme une mariée secrète et pâle que chacun croira vierge. Elle s’avancera lourde et seule l’encens dans ses cheveux le voile sous ses pas. Ton front, lecteur aux yeux de mer vive, est la lueur pâle des...
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La nuit est un objet étrange
on tombe souvent banal dans ce que taisent les urgences du coeur toujours en retard dans le regard de l'autre l'amour est-il une construction trop raisonnable * dans quelles rues s'émietteront nos promesses souffrir des souvenirs ne s'apprend pas devenir...
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L'itinéraire
[Entrevue] Joséphine Bacon est «survivante d’un récit qu’on ne raconte pas», celui des pensionnats autochtones. De son Nitassinan natal jusqu’à Montréal, elle dit n’avoir que le rire et les mots à partager. Ceux-là mêmes qu’elle a reçus de ses...
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Force tranquille
j’entends couler la même eau derrière les mêmes arbres j’entends couler l’eau de la même rivière derrière un rideau d’arbres le même depuis je ne sais combien d’années les chiffres n’ont pas vraiment d’importance face à ce qui ne change pas vraiment le...
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Les vraies richesses
Les hommes ont crée une planète nouvelle : la planète de la misère et du malheur des corps. Ils ont déserté la terre. Ils ne veulent plus ni fruits, ni blé, ni liberté, ni joie. Ils ne veulent plus que ce qu’ils inventent et fabriquent eux-mêmes. Ils...
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Le vent se lève
Les routes sont des bornes que les passants déplacent. La mémoire du poète n’est pas celle du temps mais celle qui s’invente. L’absence a toujours un visage, un air de déjà vu, un sourire attendu. En botterlots, en charentaises ou en sandales, assis,...
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Les dieux des églises
Les dieux des églises sont des bêtes féroces. Ces bêtes imaginaires se nourrissent de l’âme. Haine contre haine, ils se combattent entre eux. Ils se piétinent et s’enivrent de sang. Ils habillent en soldats les pauvres mots naïfs, le pain, la paix, la...
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Rouge-gorge
Au mois de mai j’avais le coeur si grand Que pour l’emplir je me suis en allée Cherchant l’amour sans savoir quelle allée, Pour le rencontrer, quel chemin on prend… Rouge-gorge, au fond du bois incolore, Au bout des sentiers dont il te souvient, Du printemps,...
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Je est un autre
Je suis un autre Rimbaud - Parce que je n'ai pas de salive Parce que je n'ai pas de trucs Parce que je n'ai pas de poussière Parce que je n'ai pas ce qu'il y a Dans l'air Parce que je suis de l'air Laissez-moi vous tenter avec mon magique puissance :...
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Jardin
« Couleurs, parfums, présence formelle, qui ne les sait entendre ? Qui résiste à ce désir humain de leur suggérer un sens, d’en faire la figure et l’écho d’une passion, d’une pensée ? Nous vivons – quelques-uns vivent – depuis toujours, de ces « correspondances...
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Inconsolable
Dernier lit dernier regard Je veux vibrer je veux aimer et m’insurger dernière frontière dernière fissure dernier souffle Jusqu’à la lie, je veux rêver Ne me dites pas Ne me demandez rien A la porte du nulle part je partirai inconsolable étonné de la...
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Poteaux d'angle
Le sage transforme sa colère de telle manière que personne ne la reconnaît. Mais lui, étant sage, la reconnaît… parfois. • Dans la chambre de ton esprit, croyant te faire des serviteurs, c’est toi probablement qui de plus en plus te fais serviteur. De...
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Devoir de mémoire
Devoir de mémoire pour un géant, Michel Brault, directeur de la photographie, cadreur, réalisateur et producteur québécois, né le 25 juin 1928 à Montréal, mort le 21 septembre 2013 en voyage à Toronto. Il est considéré comme l'un des meilleurs cinéastes...
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Prison
"portrait de nazil hikmet" par Bedri Rahmi Eijuboglu (Turquie) Dans cette nuit d’automne Je suis tout plein de tes mots, Mots éternels, comme le temps, la matière, Mots lourds comme la main, Mots scintillants comme les étoiles, De ton cœur, de ta tête,...
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Rengaine
il est mort laissez-le donc laissez-le tranquille il aimait la marie la madeleine les olives de montagne les moutons de laine c’est sûr et certain comme après la pluie le beau teint il aimait judas aussi le méfiant trahi et les poissons mal pêchés et...
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Les chemins perdus
Je ne suis plus là. Je ne suis pas où vous croyez. Nombre dissous parmi les nombres, j’ai perdu ma trace. J’ai traversé la route. Je suis là-bas. J’ai crevé l’écho, l’écho même de l’écho. Je suis dans l’invisible. Les mots ont pris la forme de mon corps....
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La prière
Les combats ont repris en Irak. On parle d'une guerre plus humaine. La haine et la mort sont les mêmes. 1 La prière n'a plus de mots. Elle éclate en rafales et coule des blessures. Le pain s'émiette en poudre noire. Il y a trop d'épines dans le pollen...
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À la ligne
Je suis né sur une page comme un verbe à finir gavé d'encre et d'images. J'ai grandi sans logique dans une phrase étrange. On m'aura tout volé, les fonds de mémoire, le sens au fond des mots, jusqu'aux rayons de la roue dans le o d'un vélo. En signant...
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Flottaison
le Krill dans sa robe bleutée joue sur les nuances du baleineau qui suit sa mère d'un océan à l'autre la Kabale s'effrite quand on la triture pour lui voler ses secrets, le monstre peut se réveiller à tout coup le Kabuki fait son Pierrôt Lunaire dans...
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Je demeure
La mer, bien sûr, la mer. D'aucuns me disent que je fatigue à tant en faire mes chemins, donner à dire les vagues à l'âme ou sel de vie ou vent cabré. Que mes chemins se lassent à tant la bordurer, la prendre à main, la promener, d'île en falaise, de...
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Les premiers communards
Ils sont rares qui encore y songent à ces jours, ces combats, ces noms, mais le cœur ouvrier garde le souvenir sacré du grand jour. Le capital alors était jeune, les cheminées étaient moins hautes, ils hissèrent le drapeau de la lutte dans le Paris des...
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Tectonique des femmes
Ceci n’est pas tout à fait un sexe. C’est l’entrée d’un pays qui commence par l’abyme. Ceci n’est pas tout à fait une fissure. C’est, balbutiée, la promesse d’une béance. Ceci n’est pas tout à fait la naissance du désir. C’en est la convocation, nocturne,...
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Orage sec
Je cherche partout mais tout est nulle part. Je ne sais plus rien du ciel et de la terre. J'ai cessé d'écouter, interroger, espérer. Sentier sans balises, pierre oubliée, violon sans archet, orage sec, et les mots pour silence. Une nomade plantée au milieu...
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Initiation
Te souviens-tu de la fragrance des lilas mauves après la lente pluie printanière te souviens-tu de la lune blanche comme une barque égytienne à travers les vitres de la fenêtre mystérieuse de ta chambre te souviens-tu de ton premier amour des mèches rousses...