Top articles
-
Avec la pelle d'un poème
Toute la terre est ma mère. Les arbres se chatouillent comme les doigts d'un enfant. Les pétales en dents de scie découpent les parfums dans le papier de l'air. Le vent s'éclaire en mangeant des lucioles. Enjambant le cadavre du siècle, je mène paître...
-
Comme un gaucher
Les mots contiennent le réel et inventent le reste. J’écris comme un gaucher dans un monde de droitiers. J’écris comme un rêveur dans un monde de penseurs. J’écris comme une épine dans un monde de pétales. J’écris comme une cigale au milieu des fourmis....
-
Ce matin
Marie-Claire Blais avec Hélène Dorion Ce matin, il neige dans ma forêt, mais c’est la mer que je regarde à l’intérieur de moi, c’est la lumière de notre île magique - comme on aimait l’appeler - que mon cœur voit. Je sais le privilège de l’amitié qui...
-
Les marcheurs de rêve: Jean Breton
Mon père, Toi dont les cendres ont été rendues à cette terre du Gard où tu t'établis durant douze ans, sans électricité et presque sans chauffage malgré ta frilosité, tu as vécu de peu, aidé immensément par Maria, la compagne de ta vie, et en travaillant...
-
Si peu de mots
Pendant que la tendresse enlève ses souliers et marche dans l'eau fraîche, l'argent fait le paon aux starting-blocks avec ses yeux de sniper et son maillot commandité. Pendant que la tendresse accompagne le cours d'un ruisseau, l'argent suit le cours...
-
La table des matières
mise en page: J.M. Dutey J'explique ? Allez hop, j'explique. À première vue, ou, disons pour quelqu'un qui lirait JML avec moins d'attention que moi, ou avec moins d'assiduité, ses textes, ou plutôt ce texte, pourrait paraitre monotone, ou, pour le dire...
-
Comme
Comme une bêche brisée sur le dos de la terre, ce fil trop grossier pour le chas d'une aiguille, cette parole debout sur les balbutiements comme une pêche pourrie avant d'être mangée, ce visage perdu dans la galerie des glaces, ce silence couché sur un...
-
Le problème que j'ai avec la société
Le problème que j'ai avec la société et jusqu'à mon entourage c'est que je prends tout mon temps et élève au rang d'art la distraction J'abandonne volontiers la course aux gagneurs aux accumulateurs et autres tueurs À la voie royale des apprentis dominateurs...
-
Une flamme vacille
À chaque jour, de lâcheté en lâcheté, de honte en honte, malgré le froid, les pierres qui saignent, les rêves qu'on mutile, les enfants qu'on habille en soldats et en hommes, un arbre monte plus haut que lui et la vie s'y raccroche. Quelque chose remue...
-
Faute de frappe
Je parle d'une guerre que je ne connais pas. Ce sont les mots qui en portent les morts, les blessures, les souffrances. Toutes les guerres sont horribles. Toutes les guerres sont sales. Toutes les guerres sont injustes. Toutes les banques sont guerrières....
-
Je réclame la paix
Pour les bêtes apeurées au fond des abattoirs, les rêveurs enchaînés sur une ligne de montage, pour les vies qui finissent dans un parc à vieillards, les étrangers qu'on trie comme on le fait du bétail, la bonté rabrouée par le froid des banquiers, la...
-
En silence habité
Tu m'as donné deux fois la vie, un matin de septembre quand sonnait la sirène du marché sur la place du village, puis, quand lisant mon premier poème tu m'as dit : "Continue ma fille…". Maintenant ma mère est ailleurs, en silence habité. Elle a depuis...
-
Wonderful
Nous sommes de pauvres clowns dont les contorsions n’amusent plus personne et surtout pas les enfants. Nous sommes les cuivres oxydés, piteux clairons de vieux avènements. Nous sommes les mécaniques tièdes de révolutions virtuelles. Nous sommes passants...
-
Une étrange alchimie
Crédit photo : Sandra Lachance Il y a dans ses mots une étrange alchimie contenant toutes les violences du monde, une empathie dont peu peuvent se targuer, elle ne travaillait pas comme une arpenteuse du territoire, mais plutôt un sismographe : elle sentait...
-
La femme couchée
Larvée dans son cocon de nuits blanches Aspirée par le vortex de ses fantasmes, Fatiguée de se battre contre des moulins à vent Elle continue encore parfois à invoquer les dieux Mais délestée à présent de son fardeau d'illusions Mesurant son besoin d'absolu...
-
L'improbable partage
La mer dessinée par ma soif portera mes vaisseaux tout sera car je suis fantastique animale enfant illégitime d’une grotte… et d’une étoile * Sa main - la tienne telle une ombre jalouse dans la fleur innombrable de ma peur peut-être eut-il suffi que la...
-
Saison piège
Blanc et bleu Le ciel d’aujourd’hui Déverse son espérance Sur des arbres de première neige Mais je les ai vues ces ombres Derrière les pieux de perche Cette saison se sert de la neige Pour ses pièges à lumière L’hiver passera Ou ne passera pas Sans guérir...
-
En écrivant
En écrivant, je laisse quelque chose que je n'arrive pas à définir. Une certaine attitude ou connaissance. Les mots "commencer" et "finir" n'ont plus de sens. Nous sommes toujours au milieu, au passage, entourés par des espaces qui résistent à la définition....
-
Vous ais-je dit?
Vous ai-je dit que les pluies troublent la courbe des montagnes quand je vous désire, que la rivière épèle votre nom sous la voilure émue des arbres, que le temps coule son vol dans l'intimité bruissante des fougères ? Vous ai-je parlé de ces oiseaux...
-
Ange ou démon
On peut toujours se noyer entre désirs et réalités à prendre nos rêves pour des lanternes On peut se figurer tant d'agréments à croire aux apparences Mais le profond de l'âme nous indique le coeur des êtres A se côtoyer nous sommes en présence des vérités...
-
Le blues de San Telmo
Un blues s'éblouit sur les pavés violets de San Telmo après la pluie blues d'un tango chagrin d'amour pour une étoile rousse pour une promesse oubliée sur les pavés mouillés un blues en silence pleure dans les yeux noircis d'un enfant trop vieux un poète...
-
Un cantique profane
Non pas en exil. Non pas étranger. Solidaire des hommes et des bêtes Solidaire des eaux, de la boue, de la roche et des champs des forêts et forêts de constellations. Graine de la grande tribu des sables et cailloux de toute cellule vivante, pétales de...
-
Vrai ou faux
Jadis en Ardèche, à ce que dit Chabrol, lorsqu’un apiculteur mourrait, un homme habillé de dimanche allait dire aux abeille : «abeilles, votre maître n’est plus» et on mettait un crêpe sur les ruches. En Ardennes du côté de Bihain on dit que lorsqu’un...
-
La mer
La mer quand elle a fait son lit sous la lune et les étoiles et qu’elle veut sombrer tout à fait dans le sommeil ou dans l’extase la mer quand les poissons ont trouvé une autre route pour tirer la soie du cocon et gagner leur temps de paresse la mer quand...
-
Terre de dénuement
parmi les schizophrènes les paranoïaques les névrosés tous dépossédés d’eux-mêmes noyés dans les remous de la souffrance et tant d’autres encore dont je ne parlerai jamais car les mots ne servent qu’à déprécier et à jeter la confusion jamais je n’oublierai...