Top articles
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Tu écris triste
De mon ami Jean-Michel Sananes Tu écris triste, me dit-on, trop sérieux, ou parfois trop fou ! Devrais-je seulement écrire des poèmes d'amour quand des fous de dieu assassinent des vieilles dames, des êtres humains, parce qu'ils sont fils de la République...
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L'enfant
Moi, je crois qu'on garde toute sa vie, en soi, l'enfant qu'on a été. On a beau l'habiller de sérieux, de principes, de responsabilités ou d'insouciance, il est là, et vous regarde de son regard d'avant. Vous ouvrez la fenêtre, il passe ; il sommeille...
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Yvon Le Corre, dernière escale
Avec sa belle gueule de flibustier et ses yeux lavés par l’ivresse des océans, Yvon Le Corre a largué son port d’attache de Tréguier définitivement. Il fut pour moi un très grand et vrai carnettiste de voyage, rivalisant avec les Albert Brenet ou Marin...
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Déclaration d'impôt
Je n’ai pas honte des gens que je fréquente qu’ils soient prophètes ou mécréants, bandits ou imbéciles, poètes ou vidangeurs, trafiquants de rêve ou paresseux, J’ai honte pour l’homme quand il se fait banquier, flic, homme d’affaires ou bourreau, avocats...
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Pour mes enfants
Vous ne demandiez que la parole et c’est moi qui parlait. Vous ne demandiez qu’une source mais c’est moi qui buvait. Pardonnez-moi l’absence quand vous mouriez de soif. Pardonnez-moi de n’avoir pas été là, trop perdu dans mes larmes pour entendre vos...
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Ce que l'on a
« Le jour où je vais disparaître, j'aurai été poli avec la vie car je l'aurai bien aimée et beaucoup respectée. Je n'ai jamais considéré comme chose négligeable l'odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque...
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Vendémiaire
Hommes de l’avenir souvenez-vous de moi Je vivais à l’époque où finissaient les rois Tour à tour ils mouraient silencieux et tristes Et trois fois courageux devenaient trismégistes Que Paris était beau à la fin de septembre Chaque nuit devenait une vigne...
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Une maison d'encre et de papier
J’habite une maison de peau, une maison de chair, de cuir et d’os, des fenêtres à baisers, une porte ouverte sur la vie, un escalier de mots de la cave au grenier, des lucarnes à caresses, une maison à bras, une galerie avec les pieds sur terre, une maison...
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Le moindre des atomes
Le café rit au fond des tasses. La bouche d’une radio grignote quelques notes, du Coltrane, du Malher, du malheur feutré par la sourdine du cœur. La grande gueule du poêle fait briller ses flammes comme des dents d’érable. La nuit sur mes genoux laisse...
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Les questions
D e l'oiseau ou de l'âme, qui vole le plus haut ? Pour le busard ou le poisson, quel est le vrai plafond, le ciel ou l'eau ? Le clocher répète ses heures, craint-il de se tromper ou martèle-t-il ses certitudes ? La lumière rouge au cou des vignes, réchauffe-t-elle...
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Petit voyage dans l'envers du jour
(Photo retrouvée par hasard sur internet en visionnant des extraits du film "Un de la légion", avec Fernandel) Michel, tu viens ? On va aux bonbons, en face. Si la solitude est difficile à partager, le jeu est contagieux. Oubliant tout, nous voici tous...
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Manquablement
Manquablement le bonheur s’est perdu sur la route manquablement l’espoir l’a précédé de peu manquablement la vie s’est cachée dans le talus l’épine dans le talon le feu dans le taillis manquablement l’amour a fait la sourde oreille manquablement la nuit...
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Une personne à risque
"Je ne me considère pas comme un oracle ou quelqu’un de sage. Enfin, sage : peut-être la semaine prochaine ! Mais je suis une personne à risque, j’ai 91 ans, c’est la seule chose qui me donne le droit de parler… Ce que je fais aujourd’hui ? Eh bien, le...
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Trois poèmes
tu dis tes grands yeux bleus de petit oiseau vide tes aquarium noyés tes nuits de pleine dune et tes regrets ; je dis les frêles ondes de tes yeux, la pluie ton chant d’ivoire toujours m’abondent et me dérivent ; au-delà du brouillard me trouble ton reflet...
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Au pied de la lettre
Je prends les mots au pied de la lettre et les chausses comme je peux. Je les prends au mot. Je les arrange aux convenances de ma respiration et j’en tire les conséquences au lieu de tirer du gun. Je suis un passionné. Je cherche un mot qui ne pleure...
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Foudroiement de beauté
Ces foudroiements de la beauté – ce ne sont jamais que des instants, n’est-ce pas ? des instants que nous disons d’éternité. D’éternité. Ca veut bien dire qu’en ces instants-là, on touche… autre chose. Qu’on échappe au temps des horloges. On dit aussi...
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Haissez
Haïssez celui qui n’est pas de votre race Haïssez celui qui n’a pas votre foi Haïssez celui qui n’est pas de votre rang social Haïssez, haïssez, vous serez haï. De la haine, on passera à la croisade, Vous tuerez ou vous serez tué Quoi qu’il en soit, vous...
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Lyre en double
Analyse du titre de mon recueil "Lyre en double" lors d'une intervention au François Coppée :: l'autre, le double, le manque et la perte etc...Bonne lecture, chers amis : Pour Lyre en double au François Coppée ( vendredi 18 février 2011 ) Je dédie mon...
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Des bas de laine
La beauté des choses échappe à la logique. Les oiseaux volent vers la lumière. Les arbres cherchent le soleil. Il faut faire attention. L’espoir se brise comme du verre. Un seul de ses tessons peut déchirer l’espace. La vie ronde éclate et tombe comme...
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Il fut un temps
Il fut un temps où la pierre était pierre, Chaque visage dans la rue un visage parfait. Entre Dieu, la Chose et moi-même L’harmonie régnait aussitôt. Tu as changé mon univers et la trinité s’est perdue : La pierre n’est plus la pierre, Comme aux figures...
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Les e muets
Le paysage fait des bulles d'air pour prendre son respir. On entend pétiller le village, la musique des arbres, les érables qui coulent, les milles bruits de la rue, les roues qui tournent, les chiens qui jappent, les gros camions de pitounes qui remplacent...
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Deux maisons
Edward Hooper J’ai l’amitié en deux maisons L’une est ancienne Fermée depuis À tout jamais Et j’y habite Pour toujours Rolland me parle et je réponds C’était un temps où je pouvais me libérer de tout le moi qui me pesait Et l’alléger quelque peu sans...
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La crise d'octobre
Bon, eh bien. Je peux enfin l'annoncer. Ça fait près d'un an que je travaille sur ce projet fantastique qui m'a fait rencontrer des gens incroyables. "Un demi-siècle a passé depuis la dernière vague d'attentats du FLQ, l'enlèvement de James Cross et de...
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Je suis né troué
HENRI MICHAUX (1899~1984) Quito, 25 avril. Il souffle un vent terrible. Ce n’est qu’un petit trou dans ma poitrine, Mais il y souffle un vent terrible, Petit village de Quito, tu n’es pas pour moi. J’ai besoin de haine, et d’envie, c’est ma santé. Une...
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Ballade de la masturbatrice solitaire
La fin de la liaison est toujours la mort. Elle est mon atelier. L’œil glissant, hors de la tribu de moi-même, mon souffle découvre que tu es parti. J'horrifie ceux qui se tiennent là. Je suis nourrie. La nuit, seule, j'épouse le lit. Doigt à doigt, elle...