Top articles
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Ténu
photo: Jean-Marc La Frenière Je vois le ciel, il est trop haut. Où ai-je posé - ou perdu - le rire, la joie, les mots riches de riens ? J'avance le long d'une barrière verte et ajourée, amie, mais une barrière quand même. D'un côté les fleurs, les pelouses...
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Sur mes lèvres d'enfant
L es hommes portent un nom mais ne sont plus personne. Leur âme se perd dans les fiches, les bureaux, les paperasses. Tant d’organes pour si peu d’infini. Le fric a tout mangé, la peau, le sens, le monde, les vertèbres du rêve. Notre tête n’est plus qu’une...
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L'invisible
Je n’ai plus de mots. Avant, je regardais devant Puis tout s’est arrêté. On m’a dit reste chez toi. Lave-toi les mains. Laisse ta mère seule. Loin. On m’a dit que c’était pour son bien. Dans la ville que j’habitais, le sol vibrait. Des sous-sols des parkings,...
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Trois fois
Trois fois j’ai franchi la mort pour affronter la vie. À chaque nouveau pas Lazare se relève. Arrachant leurs bandelettes, les momies se démaillent. J’ai bu l’âme jusqu’à la lie, de l’hostie primitive (le sein de la mère) au dernier verre de vin, de la...
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De la broue dans le toupet
Il y a ceux qui n’arrivent à rien, ceux qui reviennent de tout, ceux qui n’arrivent qu’à eux sans regarder les autres, ceux qui s’étouffent en érigeant des murs, ceux qui se pendent à ce qui reste de vie, ceux qui parlent sans rien dire, ceux qui disent...
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Paix, pouvoir et droiture
Lecture de circonstance - Paix, pouvoir el droiture : un manifeste autochtone, qui tire sa structure des chants rituels de la cérémonie de condoléances rotinohshonni, appelle toutes les Premières Nations à prêter attention aux messages des ancêtres afin...
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Le meneur de lune
L'homme est le lieu des faits qu'il contrôle et de ceux qu'il ne contrôle pas. L'instant qui ne m'apporte pas un enrichissement ouvre en moi une blessure. Chaque présence est une apparition. Pas un être dont je n'attende tout. Prêt à m'accuser du mal...
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Parfois il suffit
Image : Pilar García Merino Parfois il suffit de prendre l'instant immobile de regarder le lointain comme une écume de lèvres d'imaginer les manèges comme autant de pertes à savoir le temps si permanent dans les têtes que même les girouettes s’en délectent...
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Octobre
Octobre est là. Je me souviens, tout un peu frais, mais bien plus beau. Forcément, c'est ce temps de l'automne qui nous fait aussi gris, laisse monter les doutes et tous les impossibles. Ce sont les mains qui tombent comme feuilles. Tout ainsi fait la...
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Parler
Oh les mots qu’on dit dans la déception et la colère, mots amers, déclarations de dégoût et de guerre, mots et blessures, on ferait mieux de se taire, dit-elle. Et je songeais à ce qu’on dit parfois dans la passion, aux mots jolis de l’amour, à la poésie...
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Les marcheurs de rêve: Louis Scutenaire
Docteur en Droit à l'Université Libre de Bruxelles (1924), il s'inscrit au Barreau et plaide au pénal (1931-1944). Il défend les délinquants. Après la guerre, il entre comme fonctionnaire au Ministère de l'Intérieur où il reste jusqu'à l'âge de la retraite,...
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Chromatique
Peinture Paul Klee Je me souviens de l'odeur onctueuse de chocolat chaud qui emplissait la maison et m'extirpait en douceur de mon sommeil d'enfant. Je me souviens du figuier aux fruits trop mûrs qui éclataient en saignant sur la terrasse. Je me souviens...
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L'inconnu
Un homme s'est cassé la tête contre le mur invisible qui le séparait de lui-même il gît maintenant au fond de la rivière les yeux grand ouvert comme un poisson blanc recouvert d'algues et de sable sa dernière pensée est remontée à la surface et vogue...
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Un coeur d'enfant
Je suis un cœur d'enfant qu'on revire à l'envers, un drapeau noir dans un sac à franges, une âme à fleur de peau, un sdf traînant sa faim de loup de restaurant du cœur en maison des pauvres, un crachat sur la vitre des banques, les dents cariées d'un...
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L'escargot
Quand j’écris le mot fleur, un papillon s’échappe du cocon d’un crayon. Quand j’écris le mot faim, les phrases font lever un quignon de papier. Quand j’écris le mot ciel, je m’imagine marchant sur des nuages. Quand j’écris le mot nuit, l’alphabet tout...
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Là-bas
C'est un soir de gribouille. Tout le ciel est sinistre. D'autres, ailleurs, parlent de la mort imminente, du désespoir d'être. J'entends tout cela du fond de mon histoire, du près de ma mémoire, de mes à peu près où j'ai mis tant de temps à me trouver...
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Poèmes de Samuel Wood
Feindre d'ignorer les lois de la nature Réincarner en songe la forme abolie, Prêter au mirage les vertus d'un miracle Est-ce pour autant faire échec à la mort ? Tout au plus douter qu'elle nous sépare, Que soit un fait le fait de n'être nulle part. Irréparable...
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J'ai tué la mort
Les mots tremblent sur la page, ramenant le silence au point zéro de l’écriture. Je crois au rêve et à l’espoir. Sans renier les ombres du passé, je regarde devant la lumière qui naît. Enfants, petits-enfants, boutons d’or sur la chemise des champs, boutons...
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Stances à l'insistence
Je serai la trace de l’effraction Qui pousse en vous Comme l’épaule du rêve Bourgeon de l’essentiel Possible existence insoumise Souvenir en exil Qui fait monter les larmes Je serai avec insistance Cette mélopée envahissante Qui encombre et remplit vos...
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Desrochers
https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.onf.ca%2Ffilm%2Falfred_desrochers_poete%2F%3Ffbclid%3DIwAR11gf926kBj3s2dVdhCufhS7gEd1xYrRQ1J_TdRGFwWsWPJudWs15evgAs&h=AT1ESLBWIa_Mi-cvzUaRDvr1i3mNiE0HYyk4ywILmQIEZMAWtxVuxkNRk9AsYgliXgtzOyvR4mAMW_IIau7...
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Dans ma tête
Qu’est-ce qui se passe dans ma tête ? Ça sonne creux ou bien trop lourd. Les neurones s’emballent ou restent cois. Ça fait tilt entre mes deux oreilles. J’ai un flipper dans la tête. Des billes roulent sans arrêt. Des bielles coulent entre les nerfs tordus...
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Dormir sur la corde à linge
Ma grand-mère disait "tiens, y a encore dormi sur la corde à linge". Cette expression "dormir sur la corde à linge” venait des dortoirs à 5¢ pendant la crise économique de 1929. Les gens des villes faisaient des grandes files et il y avait des bancs la...
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Les derniers mots d'amour
J’ai les yeux pleins d’abeilles à regarder les fleurs. La ruche est minée comme les déserts du monde. Comment nommer les arbres ou boire l’eau du ciel quand les grains de l’espoir se déplantent à mesure ? Derrière le décor des ombres nous font signe et...
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Qui parle de Jean?
Qui parle de Jean ? Il vécut en comptant sur ses doigts Et de phrases sans verbes Son cœur battant la grosse caisse Il partit pour ailleurs et toujours nulle part Ce qu'il croyait voir restait sans cesse absent Qui parle de Jean ? Il est mort sans visage...
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Bas les masques!
Du vin rouge sur la nappe blanche, sang des vignes de Houx. Sur le chemin des repentis, le pèlerinage enfante des chapelles et minuit dort encore dans le clocher entre les fientes et les prières. Les cartes hésitent dans les mains, la table comme une...