Top articles
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Le bruit de l'eau
Le bruit de l'eau s'agite quand les arbres se taisent. L'absence de mouvement dans les feuilles a quelque chose d'opprimant. J'agite un cil, un doigt, un orteil. Je fais battre mon cœur au bout d'un mot, mon corps au bout d'un pied, une phrase au bout...
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C'est curieux
Il y a des mains qui sont mortes et d'autres pas. Il faut de l'expérience pour se rendre compte. Quand l'homme tend sa main la première fois, elle est chaude et blanche avec cinq doigts bien distincts. La deuxième fois comme il insiste davantage, on a...
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La flamme
Po se ton regard où il convient. Cesse de craindre, d'espérer, d'attendre. Ne pointe rien de l'âme ou du doigt. De ce que tu ne peux, ne fais pas une émeute. Que veux-tu entendre, comprendre, faire, qui ne soit déjà là ? Ne force pas l'écho, monte, descend...
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Migrant
D’où je viens il pleuvait du crime et de la grenaille des rires d’enfants écrasés à même le sol des larmes et de la peur plus hautes que les cieux Laissé mes rêves laissé mes parents parti parti loin des fanatismes des kalachnikovs barbares qui psalmodient...
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J'essaie
J'essaie. Mais je ne sais rien dire, rien faire, écrire qui ne soit de l'amour. Je peux bien l'habiller du vent, des roches ou des marées, de levers de soleil qui frôlent l'insolence, de cafés dans des bars qui sourient sur un port, de ce panier d'osier...
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Le lit du monde
L'été, je retrouve ma vie parmi les pissenlits, les sanguinaires, la sauge. L'hiver, je la prolonge dans la neige. Je m'éveille dans une goutte de rosée. Je poursuis ma route avec l'affluent d'un doigt vers l'estuaire des gestes. Je me vide comme une...
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Les aiguilles du monde
Des hommes de proie des homme de foi disent la messe en mort est-il déjà trop tard sous le verre des cadrans les aiguilles du monde indiquent le malheur le désespoir clignote sur les réveille-matins faut-il que le monde soit fou pour un soldat de Dieu...
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Pour Chibouki
À défaut d'utiliser des phrases toutes faites, les bêtes ont un accès direct à ce qui fait sens, selon les trois définitions de ce mot : leurs postures, vocalisations, gestes et actes traduisent leurs intentions de profiter des beautés de la vie, les...
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Le pohème de l'évier
un jour l'évier se prit d'amour d'amour pour une petite étoile bleue dans un coin de la fenêtre à la cuisine il se confessa à la toile cirée et au pot de moutarde il pleura sur les couverts déjà mouillés un autre jour l'évier se déclara : petite étoile,...
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La vie m'envaste
Je vous aime petits fleurs des champs piquées dans les poils d'herbe et vous aussi vaches à têtes carrées, grosses pâquerettes, broutant le pré qui touche au ciel, peignant un nuage avec votre queue. Je vous aime chenilles, escargots, paons du jour et...
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Poème du temps retrouvé
Une fois pour toutes Tu as nommé Le monde où je dois vivre Chaque chose Est signe Avant d’être chair L’arbre le blé La vigne Le sang des terres M’emporte Tu fus ma naissance En toi Ma mort aura lieu J’écoute Venir ta vie. __ * __ A cœur ouvert Notre vie...
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Planche en bois
Toujours grand père son odeur de grand père. Celle des champs de la paille et du foin. On plonge le nez dedans, on l’écoute jusqu’au silence. Quand ça remue ça recommence. Toujours grand-père moi grand-père sur le chemin interdit sauf riverains. A pied...
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Toujours présente
À celle qui sait S'il pleut quand tu es là, il fait encore soleil. Quand je parle aux oiseaux, aux arbres, aux éléments, c'est ta voix qui répond. Quand j'écoute le vent, c'est ta bouche qui remue. Quand je touche à l'été, c'est ta peau qui frémit. Quand...
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Anne des vingt jours
C’est l’été 1975, alors que Michel Langlois travaille comme serveur dans une auberge de Saint-Joseph-de-la-Rive, qu’il fait la connaissance de Anne Hébert. Durant vingt jours, leur amitié prendra forme au point de se poursuivre par lettres pendant des...
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Le grand rassemblement
Sainte-Flavie, Gaspésie, Québec Le Grand Rassemblement «Le Grand Rassemblement» est une œuvre d'art-nature unique au monde en continuelle transformation. Réalisée en plusieurs volets par son concepteur Marcel Gagnon, il veut ainsi trouver son propre...
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Apprendre à compter sur nos droits
«Nous ne sommes pas des comptables» – Saint-Denys Garneau Nous ne sommes pas des comptables, nous comptons autrement, nous croyons que ce qui ne se compte pas est ce qui compte le plus. Nous croyons qu’il vaut mieux investir dans l’éducation que dans...
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Vivre ou mourir
Extrait : Je voyage avec l’eau. Je brûle avec le feu. Je souffle avec le vent. Mes camarades plantes et mes amis cailloux accompagnent ma voix. Je suis complice du lierre, de l’ortie, de l’érable. Je suis le compagnon du sable et de la neige. J’accompagne...
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Les marcheurs de rêve: Joseph Zobel
Il était une fois ZOBEL, L'écrivain martiniquais Joseph ZOBEL signe son livre "LA RUE CASES NEGRES" le 20 octobre 1950. La vie de l'écrivain Joseph Zobel, décédé à 91 ans en Juin 2006, nous rappelle à quel point sa Martinique natale, aujourd'hui un avant-poste...
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Les klaxons d'un mariage
Les samedis de septembre, les concerts improvisés de klaxons faisaient souvent partie du paysage sonore. Un jour j’ai pensé que cette coutume devrait avoir son poème. LES KLAXONS D’UN MARIAGE soudain des klaxons retentissent comme si au-dessus de la ville...
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Ci-git Robin
Aux poètes de Bretagne Armand Robin Robin des nuits, Robin des bois et des rivières sans un mot tu t'en es allé dans la paisible mort des pierres du silence Tes yeux fermés sur le rêve libertaire tu gis, tranquille tel le mendiant sous le porche à Rostrenen...
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Il n'y a pas de crime mineur
Ce n’est pas parce qu’une majorité d’individus contrôlée ou terrorisée par les alliés d’un pouvoir religieux, intégriste ou politique, semble approuver les crimes ordonnés par leurs dirigeants que ces crimes deviennent "light" ou acceptables. L’assassinat...
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La neige
je la regarde tomber, la neige comme une jeune fille un peu grasse et la mort tombe avec elle en passant d’arbre en arbre la mort que tu as fréquentée de plus près que moi dans l’hiver elle se plaît à danser dans les allées où ses pas n’écrasent pas la...
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Je t'ai aimée
Je t’ai aimée debout sachant le monde assis. Je t’ai aimée pour toi sachant la mort au bout. Je t’ai aimée pour tout malgré le rien autour. Je t’ai aimée comme l’air malgré l’orage au ciel, la mer malgré le poids de l’eau, la terre protégeant ses racines....
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Le passeur de silence
À mon ami Gaston Miron Plus personne n’arrive à Ellis Island… des visages anciens glissaient sur l’East River Et j’étais plein d’un vieux sang arménien ou peut-être italien je portais le carquois de l’indien brise-lames avec pour toute aurore le vieux...
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Un mot entre les dents
I l suffit d’une ficelle pour soutenir le monde, d’un tour de plus sur le manège, d’un poil sur la main, d’un mot entre les dents, d’une bouteille à la mer. La tentation d’écrire m’agite à tout moment. Je laisse des traces de pas tachés d’encre et d’images,...