Top articles
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Un fil fragile
Je regarde l’homme les yeux dans les yeux. Je scrute sa vie les mots dans les mots. Ce n’est pas la pierre qui fait la prison, c’est la loi. Ce n’est pas l’or qui détruit la terre, c’est la soif du profit. Des tyrans se cachent dans la voix des marchands,...
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Liquidation
« parfois on recherche un poème pour une phrase qu’on a lue on ne sait plus quand mais qui revient – pourquoi – à la mémoire à cause peut-être d’une impression pareille à celles qui font croire qu’on a déjà vécu ce moment-là alors on feuillette des livres...
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Tandis
Tandis que j'étais dans le froid des approches de la mort, je regardai comme pour la dernière fois les êtres, profondément. Au contact mortel de ce regard de glace, tout ce qui n'était pas essentiel disparut. Cependant je les fouaillais, voulant retenir...
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En forme de fusil
Il y a des jours où je ne vois qu’en noir, le crachat des fantômes sur le mur, la croix et la bannière, la planche à clous, les ecchymoses aux lèvres des enfants, le rire qui se prolonge en râle, la berceuse en requiem, la clef de sol en forme de fusil,...
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La juste couleur
Les études critiques relèvent généralement de la théorie ou du catalogue. Ce rassemblement de chroniques prétend procéder autrement, en cherchant ce qui peut éclairer une rencontre, en explorant chaque oeuvre à la lumière de l’intensité du choc qu’elle...
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Retour
La parole des taiseux se manifeste par les gestes. Les mains sont des oiseaux jouant entre les choses. Les rides se creusent sans faire de bruit. Les mots tombent en poussière. Je les balaie sur la page comme les miettes sur la table des matières. Chaque...
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Les fusillés de Châteaubriant
Ils sont appuyés contre le ciel Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel Avec toute la vie derrière eux Ils sont pleins d'étonnement pour leur épaule Qui est un monument d'amour Ils n'ont pas de recommandations à se faire Parce qu'ils ne se quitteront...
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J'ai honte
J’ai honte. La démocratie québécoise se transforme en dictature. On matraque les jeunes qui se tiennent debout. On les bâillonne. On les bastonne. On tire dans la foule. Et, selon les sondages, la majorité des citoyens applaudit. Peuple servile et mou,...
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La langua sola
La langue du cœur en espagnol, on dit corazon en grec, on dit gardia en italien, on dit cuore en français, on dit cœur en anglais, on dit heart en allemand, on dit herz en portugais, on dit coraçaon en yiddish, on dit herts Dans toutes les langues, on...
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Je trébuche
On ne va jamais plus loin que le fond du cœur. J’avance dans la fraîcheur du moment, l’accord de l’herbe et de la vie, les chamailleries d’oiseaux, les cascades mauves du lilas, le tendre vert des bourgeons, le gros jaune qui tache au cou des pissenlits,...
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Dans l'herbe des paroles
Tous ces portables qui s’agitent d’un continent à l’autre forment une immense oreille inutile. Même si le chant des hommes est plus beau que les hommes [1] , j’écoute les oiseaux pour oublier le bruit des choses. Je sens mieux la vie dans un cimetière...
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Quelque chose veille
Du doute à la lumière, mes images voltigent. Lorsque la neige tombe, le silence devient matière. On croirait qu’il s’agit du néant. Les mots figent dans l’air. Les nids sont vides. Les métaphores se dissolvent. Le vent façonne la parole à même les flocons....
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Lettre à la vie en pleine nuit
À Raoul Duguay et Richard Desjardins Ta soif la plus claire se noie dans mon verre désirable désirante jamais indifférente à tout ce qui brûle à tout ce qui hurle souvent bienveillante au plus faible murmure dans l’éclos dans l’ultime voilà pourquoi je...
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La marée des choses
Au réveil, on n’émerge pas du sommeil, on s’enfonce dans la vie. Le regard flotte sur la marée des choses. J’ai parfois l’impression d’être nulle part, ou pire, de ne pas être. Il y a des arbres, des nuages, des oiseaux, des bouts de vie qu’on attache...
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Une maison de chiffonnier
«Qu’est-ce que tu fais ? – Je dessine une maison. – Je ne la vois pas. – Elle est invisible. – Comment tu la vois alors ? – Je ne la vois pas, je l’entends. Il y a une femme-fée dedans et elle chante. C’est sa voix que j’entends. Elle pousse les mots...
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Je sais
Je sais la caresse du petit matin, l’aplomb brutal de midi, la sournoise inversion du soir Je sais le vertigineux à-pic de la nuit et l’accablante horizontalité du jour Je sais les hauts et les bas, les hauts d’où l’on retombe à coup sûr, les bas dont...
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Sur le chemin des signes
Ce qui nous fait défaut s’éveille dans le rêve. Des images surgissent à la lumière des choses. Les syllabes s’agitent. Les phrases se déploient d’un simple battement d’aile. Il faut tout perdre pour apprendre à donner, renaitre mot à mot au sang du paysage,...
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J'ai mal à l'homme
J’ai mal à la vie j’ai mal à l’homme j’ai mal aux années que je n’ai pas vécues j’ai mal à ma flamme moribonde et aux hirondelles qui volent trop bas J’ai mal à mes pavés qui ont des arêtes aux vagabondages sans auberge aux nuits qui n’éclairent pas leurs...
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Le ciel est bleu
Quand tu es là, le ciel est bleu autour des yeux. Le silence est plein d’oiseaux, le cœur plein d’amour, la tête pleine de rêves. Je couche avec toi comme le verbe être avec le verbe aimer, la terre avec le ciel, le sel avec l’étoile de mer. Quand tu...
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Le rincage
Plus ils torturent la langue, plus ils mentalisent, plus je m'éloigne de cet état qui se veut plus intelligent que l'âme. Chaque rentrée littéraire porte son fardeau d'inepties, de poudre aux yeux, se vautre dans un blabla intellectuel dont l'égotisme...
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La maison
Je dessine un cercle. J’ajoute quelques mots. Je suis dans ma maison. Une maison d’été. Une maison d’hiver. Une maison d’automne. Une maison de printemps. Une maison verbale. Je cours de l’une à l’autre. La vie entre par les portes. L’encre ruisselle...
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Derrière les apparences
Les arbres d’une forêt vivent en solidaires. Si les grands pins retardent la croissance des érables, cela s’inscrit sûrement dans un dessein plus vaste. Derrière les apparences, toute une architecture secrète façonne les saisons. Sur chaque vie reposent...
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Salut l'artiste
Avec Léo Nissim au piano.Filmé le 7 août 2010 à la ferme de Mathias, Fay sur Lignon Salut l'artiste! C'est peut-être Mozart le gosse qui tambourine Des deux poings sur l'bazar des batteries de cuisine Jamais on le saura, l'autocar du collège Passe pas...
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Patriote de l'année: Roméo Bouchard
Chers amis Québécois, Permettez-moi d'abord de vous remercier de cette attention. Cette reconnaissance me touche d'autant plus que, comme beaucoup de valeureux combattants en région, je suis peu habitué aux honneurs : je me considère plutôt comme un simple...
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Ton rêve
Tu as rêvé que tu dormais dans ton lit avec un chapeau à plumes, des trucs roses, des feuilles vertes Tu dormais sur l'oreiller de Sei Un bouquet de pivoines tournait sa profusion vers la lampe avec des images de rivières et de soirs couchants Tu rangeais...