Top articles
-
Les chants des hommes
Les chants des hommes Sont plus beaux qu’eux-mêmes Plus lourds d’espoir Plus tristes Plus durables… J’ai toujours compris tous les chants Rien en ce monde De tout ce que j’ai pu boire et manger De tous les pays où j’ai voyagé De tout ce que j’ai pu voir...
-
Le bruit de l'eau
... Le bruit de l'eau s'agite quand les arbres se taisent. L'absence de mouvement dans les feuilles a quelque chose d'opprimant. J'agite un cil, un doigt, un orteil. Je fais battre mon cœur au bout d'un mot, mon corps au bout d'un pied, une phrase au...
-
Des fleurs en mie de pain
Tu as le remords d'avoir tué ton père sans avoir même acquis cent années de souvenirs. Toujours les neurasthénies comme des fleurs en mie de pain. Si tu essayais du tric-trac. Sautent les dés. Homme ou femme? Chien ou chat? Mais il y aura le chien qui...
-
Le lit du monde
L'été, je retrouve ma vie parmi les pissenlits, les sanguinaires, la sauge. L'hiver, je la prolonge dans la neige. Je m'éveille dans une goutte de rosée. Je poursuis ma route avec l'affluent d'un doigt vers l'estuaire des gestes. Je me vide comme une...
-
La roue de fortune
La roue de fortune écrase plus de doigts qu'elle n'enrichit les hommes. Les marchands de sable ont déjà commencé à polluer le désert. Sur les derniers lopins de terre, on ne cultive plus que des nains de jardin. On offre aux prédateurs la chair des enfants,...
-
Tu étais autre
Dans les no man's land de l’indifférence Tu étais autre et j’étais étranger Dans l’étrangeté d’une foule Tu n’étais qu’un bruit qui passe Une ombre qui traverse le décor Et pourtant Ce jour-là je t’ai entendu Et il n’a suffi que de cela Pour tu deviennes...
-
J'ai regardé la vie
J’ai regardé l’enfant j’ai regardé tous les enfants j’ai regardé la vie Cette vie qui ne devrait être que dans le besoin d’aller plus loin plus loin que l’instant, plus loin que ses faims à la recherche de l’autre dans la profondeur de ses détresses dans...
-
Largué dans l'inconnu
Me voici, depuis toujours largué dans l'inconnu malgré le garde-fou du langage. Je suis tellement ailleurs, j'entends à peine crier ma propre chair, pleurer ma descendance. En vieillissant, je gambade moins avec mes jambes et plus avec mes mots. Toute...
-
Le morse des lucioles
En ville, je n'existe pas. Je n'ai pas la folie des grandeurs. J'aime les petites choses, les choses trop minimes pour les marchands de rêve. Je me ressource à la campagne, sur le velours des terres, dans le calme du pollen. On y respire sur une échelle...
-
Tu vois
Je ne sais rien tu vois. Ils étaient dans les rues, partout. Ils dénoncaient, se ralliaient, s'embrassaient, se touchaient, chantaient l'hymne national. Ils se voulaient solidaires parce que des balles avaient tué des gens dans les locaux d'un journal...
-
La vie m'envaste
Je vous aime petits fleurs des champs piquées dans les poils d'herbe et vous aussi vaches à têtes carrées, grosses pâquerettes, broutant le pré qui touche au ciel, peignant un nuage avec votre queue. Je vous aime chenilles, escargots, paons du jour et...
-
Jusqu'au bout de mon sang
Les yeux travaillent en tandem comme les bras, les jambes, les oreillettes du cœur. Lorsque se ferment les paupière, le paysage nous habite. Les cils font des chatouilles à la lune. La parole se perd. Les tweets ont remplacé les lettres. Les chansons...
-
L'ours
Il y a des jours où je voudrais m'en aller hiberner loin dans les bois, à des kilomètres du bruit du réfrigérateur, du bourdonnement des heures. Il y a des nuits où je fermerais toutes les lumières de toutes les villes de la terre. Je roulerais en boule...
-
Poèmes du temps retrouvé
Une fois pour toutes Tu as nommé Le monde où je dois vivre Chaque chose Est signe Avant d’être chair L’arbre le blé La vigne Le sang des terres M’emporte Tu fus ma naissance En toi Ma mort aura lieu J’écoute Venir ta vie. __ * __ A cœur ouvert Notre vie...
-
Sur ma langue
Quand les bourreaux mènent le monde, les fées renaissent dans les livres d'images. La lumière des mots réfléchit la face sombre des âmes. En croyant tout savoir, on se laisse enfirouaper. Croyant s'épivarder, on reste ababouiné. Il y a des cris d'enfants...
-
Hors saison
Je n'écris plus que dans les herbes en attente d'hiver, sur l'écorce grenue des arbres, contre le ronronnement des chats, dans le souvenir piquant de flocons de neige. Je dis A Dieu aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu. L'inconséquence...
-
Pour dire ce qui est
La langue est malléable quand elle sait les caresses. Elle ne tire pas dans le dos. Elle tiraille la peau avec un brin d’humour, une main d’amoureuse, un creux au cœur tout près à la tendresse. Les mots sont bien plus que des mots. Les phrases parlent...
-
Chauffer les mains
Parfois un peu froid le soir, mettre pelisse. Le vent d'été s'est fait printemps, tout en retour. Des mots résonnent et font des ronds, le jour fut trouble, aller-retour, les mots quand même qui font écharpe. L'odeur au cou comme quelqu'un. Une goutte...
-
Lettre ouverte aux culs-bénis
Lecteur, avant tout, je te dois un aveu. Le titre de ce livre est un attrape-couillon. Cette « lettre ouverte » ne s’adresse pas aux culs-bénits. […] Les culs-bénits sont imperméables, inoxydables, inexpugnables, murés une fois pour toutes dans ce qu’il...
-
Apprivoiser l'infini
A quoi bon tripatouiller les gènes, araser les montagnes, arroser les déserts? La beauté de l’homme n’est pas là. J’avais raison de me méfier des nouvelles technologies. Le mot Yahoo en arabe signifie l’un des derniers degrés de l’esclavage. L’auto qui...
-
Dis-leur
Un oiseau passe éclair de plumes dans le courrier du crépuscule VA VOLE ET DIS-LEUR Dis-leur que tu viens d'un pays formé dans une poignée de main un pays simple comme bonjour où les nuits chantent pour conjurer la peur des lendemains dis-leur que nous...
-
Le temps passe
Des enfants tête-bêche écrivent à l’envers. Ils imitent les nuages qui crawlent sur le ciel. Dès que tout devient nuit, je barbouille une feuille blanche pour éclairer la chambre. Tout commence par le manque. Le monde est plein de vides qui n’en sont...
-
On nous ment
Abandonnées par les facteurs, les boites à malle s’ennuient. On nous ment sur la vie, sur le monde, sur tout. Le béton, le bitume, le verre, le plastique nous tuent. Nous courons vers le gouffre les bras chargés d’emplettes. Nos achats laissent des morts,...
-
Le café et les croissants
500 morts. Femmes et enfants. Quelque part en Afrique. Un tsunami humain. Servi au petit-déjeuner avec le café et les croissants. Un fleuve de sang traverse la cuisine. Vous emporte dans un cortège de vierges et d’enfants abusés, sacrifiés, de femmes...
-
La parole qui me porte
La parole qui me porte Est l’intacte parole Elle ignore la gloire De la décrépitude La parole qui me porte Est l’abrupte parole Elle ignore le faste De la sérénité La parole qui me porte Est l’obscure parole Dans ses eaux profondes Ma lumière se noie...