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A Maurice Hébert
À Maurice Hébert. Sur la maison, l'air est plus abondant, plus pur. Si j'y montais ? Il est midi, le soleil darde, Notre terrasse est vaste et le haut pan du mur Où ma chaise s'appuie y monte un peu la garde, Il ne livre aux voisins que mes cheveux ;...
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Le visage de chacun
Je suis un arbre centenaire qui s’accroche à la roche. Je ne pousse pas droit, mais en pommier, en olivier. Je me moque de l’uniforme des bouleaux, du parapluie des pins, de l’écorce des chênes. Là où les hommes mettent le feu, les vaches broutent la...
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Le Réveil (El Despertar)
Ô Seigneur la cage est devenue oiseau et s´est envolée et mon cœur est devenu fou il hurle à la mort et sourit à mes délires à l´insu du vent… Que ferai-je de ma peur? Que ferai-je de ma peur? La lumière de mon sourire ne danse plus les saisons ne brûlent...
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Le mot
Si tu touches ce mot. Touche son épaule. Touche son dos. Il y a tant d’écorce sur chaque peau. Si tu choisis un mot. Choisis son souffle. Choisis son ventre d’argile et de sens. Il te faudra le porter dans le tissage de tes textes. Dans la texture subtile...
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Dans ma maison
Dans ma maison |Poem recited |Jacques Prévert - author |Live at l'Odéon-Théâtre de l'Europe, 2011 |Jean-Louis Trintignant - diseur |Daniel Mille - accordion ... Dans ma maison Dans ma maison vous viendrez D'ailleurs ce n'est pas ma maison, je n'sais pas...
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Les oiseaux ont de larges ailes
Ce livre passionnant et émouvant est la traversée, sur deux ans, d'un multiple arrachement à la vie, d'une femme aimante face à la perte de son bonheur par la disparition de l'homme aimé en proie à la maladie d'Alzheimer. C'est un voyage dans l’inexorable...
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Fille du vent
Tu ne peux pas comprendre Je suis une fille du vent et de la terre Je marche sur deux jambes Une lourde, une légère Tu ne peux pas m’apprendre Le feu et le vent Sont des insoumis Je suis comme je suis Tu ne peux plus me prendre J’ai l’horizon en guirlande...
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A Léo
Tu es l'aile brisée d'un oiseau de rire Posé sur une odeur de tristesse égarée Tu es là, dans la voix des siècles Grain de sable sur ce chemin d’hier Où se gravent les vieilles nostalgies Tu es là, à ferrer les joies pastel D'un crépuscule inachevé Au...
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Prise de position
N'ai-je donc pas sur cette terre autre chose à faire qu'à venger les Noirs du XVII siècle ? Dois-je sur cette terre, qui déjà tente de se dérober, me poser le problème de la vérité noire ? Dois-je me confiner dans la justification d'un angle facial? Je...
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On ne laissera rien
Pour le hasard pour le bonheur Pour la bonne fortune mon cœur Tout commence là Où tout s’achève Sans heurt sans bruit La patience du chat Sur le pas de la porte Sa manière un peu de savoir Que quelqu’un reviendra Que plus personne ne reviendra » * « Propulsée...
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Au nom des morts
je parle au nom des morts de ces millions de morts qui ne demandaient rien qu’à encore un peu vivre qui ne sont plus que chiffre je parle des puissants et de leur impuissance des fautes des mensonges des mentons arrogants des calculs indécents des maîtres...
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Lettre à la vie
Parfois l'humain me manque À la croisée des larmes j'ai vu le combat de l'orang-outang celui du blé dans le désert la forêt arrachée et la vie qui meurt l'eau jetée au parvis des temples du paraitre j'ai vu l'homme assoiffé l'enfant au ventre gonflé j'ai...
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Dissidence
La poésie est fondamentalement une entreprise de dissidence. Être poète, se reconnaître poète, c’est, du même coup, reconnaître qu’on se situe à angle droit avec ce qu’il est convenu de nommer imprudemment, bien légèrement, le réel. Le poète rentre en...
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Cette souche
je l'aimais cette souche et m'y allais asseoir l'été quand les soirs tremblent à songer à des femmes qui n'existeraient pas ou un monde nouveau qui ne saignerait pas les heures à rêver sont les plus belles à vivre quand on ne bouge pas mais il advint...
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Sous la langue
Je traine sous la langue l'hostie du premier satori Celui de la parole du Christ embrumée de chapelles Celui des lourdes et larges et hautes bannières portées comme des frondaisons sur les épaules d'hommes-chênes Ô ce que j'ai aimé ! Mon peuple dans la...
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Printemps
U ne odeur de lilas m'accroche, me prend. Mais qu'ai-je à faire d'un printemps poète gentil troubadour roucoulant d'hirondelles en joliesses épinglées ? Qu'ai-je à faire de paroles vernies, attendues aussi sûrement que giboulées de mars ! Qu'ai-je à faire...
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Ca roule
Que pourrais-je écrire que l’on ne sache déjà ? Que devrais-je dire que l’on n’ait déjà entendu ? J’écoute ma voix baroque dans le miroir enflé de litanies sauvages. Batteur battant aux appels de ma ville rappeur frappeur à l’ivresse de mes tripes je...
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Pont
Un vieil adolescent coeur et corps à fleur de peau. Au bord de l'émotion, de la révolte. Des larmes parfois lorsque quelqu'un le blesse, ou qu'il lui vient trop de joie. Il y a deux rives, celle des masques où nul ne sait. L'autre berge où je suis moi....
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Les masques
« Offrir dans l’inquiétude son visage à la lueur ». J’adore le théâtre. Ne suis pas un acteur. Depuis un exposé substantiel en classe de feu Jean-François Malherbe qui portait sur les masques, au sens des personna antiques au théâtre grec, et en lien...
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Trouver la paix
Je connais ces endroits où l'on peut se poser, où l'on peut s'apaiser, dès lors qu'on a fini de s'arrêter aux mots. Une maison à rires des draps neufs là-haut, vies sans contraintes sans obligatoire, le quotidien n'a d'autre sens que le léger des rires....
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Miroir des pulsions
Mon moi visible est miroir des pulsions, Diamant taillé par un fantôme En réfractions entrecroisées : Scintillant, je me reflète en vous Comme, inondé d’un trop-plein de destin. Je rentre dans ma bouche pour y épier la création du langage. J’ai à dire...
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10 poèmes
1072 Terribles chimères. Coup d’état à l’échelle du monde le capital à pris tous les pouvoirs et épouvante ses esclaves soumis. Il n’y a plus de rivages, il n’y a plus d’abris Cette lave sur nos yeux dans nos bouches le poids de ces corps inertes sur...
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L'art et la mort
Rien qui ressemble à l'amour comme l'appel de certains paysages vus en rêve, comme l'encerclement de certaines collines, d'une sorte d'argile matérielle dont la forme est comme moulée sur la pensée. Quand nous reverrons-nous? Quand le goût terreux de...
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Difficile
Difficile d’aimer l’homme en treillis de combat, la fillette en poupée, le môme qui fait l’homme en pissant le plus loin. Difficile d’aimer l’homme quand il compte ses sous, tuant l’air qu’il respire, saccageant la forêt, affamant l’océan, mettant l’espace...
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Enez aval
Il y avait ces murs de pierre où le vent se brisa sur les rêves des hommes venus de l’autre côté des siècles et de la mer * Il y avait cette croix grise par temps de pluie blanche par temps de ciel quand la lumière pose son poids de neige sur la terre...