Top articles

  • Les marcheurs de rêve: Max Pons

    11 mai 2021

    J’ai appris avec retard, et presque par hasard, la mort de Max Pons, disparu il y a un mois, le 10 avril, à l’âge de 94 ans, à Montcabrier, dans le Lot, où il vivait depuis un demi-siècle. Je ne veux pas le laisser partir sans dire un mot de lui, et je...

  • Un murmure de lumière

    07 mai 2021

    Il a plu ce matin e t l’eau venue du ciel a doucit de rosée l es ronces de la nuit. Chaque rire d’oiseau e st une vague de plume s ur l’océan des feuilles. Dans la maison du temps l ’espace est une porte q ue l’on ouvre sans main. Malgré tous les faux...

  • Ces soirs

    07 mai 2021

    Ces soirs où m'exaspère de ne pas n'être, Ces soirs où j'ai mis ma figure de rien-qui-vaille, Ces soirs où le plancher s'ébroue dans mes reins, Ces soirs où Meredith ne m'écoute plus, Ces soirs où la corde à linge me fait du gringue, Ces soirs à vous...

  • J'ai des trous plein les mains

    07 mai 2021

    J’ai des trous plein les mains Où suintent les stigmates D’avoir été humain A peu de larmes près J’ai les mots cousus à la bouche Lorsque je bée c’est pour des prunes Et c’est aux mouches Me voilà tel un bègue aimant Si peu que je te voie en brune J’ai...

  • J'habite ma tête

    03 mai 2021

    J’habite ma tête, ça va, les mains tirent les ficelles, mais quand je marche, il y a toujours un pied qui dépasse, un œil qui louche, quelques neurones qui s’échappent. J’habiterais bien mon cœur, mais c’est mal vu par les banquiers. Ça laisse des larmes...

  • Avec deux ou trois mots

    03 mai 2021

    Avec deux ou trois mots, la chair des images dévorée par la faim, le sang des vignes sous l'éponge de la soif, je résiste à la mort, au masque du silence, aux yeux de verres fumés. Avec une langue feu passant de bouche et bouche je résiste à la neige,...

  • La maison de la mort certaine

    03 mai 2021

    C'était l'hiver, le terrible hiver de l'Egypte misérable. La journée avait commencé dans l'horreur d'un froid glacial. D'abord, le vent avait harcelé la ville moderne et ses bâtisses en béton armé, pareilles à d'invincibles forteresses. Puis, il avait...

  • Les cris de l'éternité

    02 mai 2021

    Plongez votre regard devant vous au plus profond du monde comme si c'était le vide : d'innombrables esprits saints, bouddhas, et dieux sauveurs s'y cachent, et sourient. Tous les atomes émettent de la lumière au sein de l'ondité, aucune portion n'en n'est...

  • Traité des loups

    02 mai 2021

    pour Antoine La nuit les loups sont bleus, un peu phosphorescents. Il y a des loups, tu sais, qui regardent aux fenêtres et qui voient la distance. Il y a des loups qui pleurent du silence de la proie. Il y a des loups qui traînent des rumeurs rose et...

  • Le temps perdu

    02 mai 2021

    Devant la porte de l'usine le travailleur soudain s'arrête le beau temps l'a tiré par la veste et comme il se retourne et regarde le soleil tout rouge tout rond souriant dans son ciel de plomb il cligne de l'œil familièrement Dis donc camarade Soleil...

  • Feuillets d'usine

    01 mai 2021

    ça a débuté comme ça Moi j’avais rien demandé mais Quand un chef à ma prise de poste me demande si j’ai déjà égoutté du tofu Egoutter du tofu Je me répète les mots sans trop y croire Je vais égoutter du tofu cette nuit Toute la nuit je serai un égoutteur...

  • Ma barque pleine

    01 mai 2021

    Je n'aurai pas grand-chose et ce sera beaucoup J'aurai dedans ma barque des gibiers et des fleurs Des agapanthes bleues des baisers dans le cou Une veine battante pour l'artère des choeurs Des chants à perdre haleine dans la laine bergère Qu'un souffle...

  • Paris s'éveille

    29 avril 2021

    Paris, FranceMarch 2009Music by Jacques Dutronc Je suis le dauphin de la place Dauphine Et la place Blanche a mauvaise mine Les camions sont pleins de lait Les balayeurs sont pleins de balais Il est cinq heures Paris s'éveille Paris s'éveille Les travestis...

  • Qui suis-je?

    29 avril 2021

    On me demande qui je suis, si j’ai un Christ tatoué dans le dos, une Vierge Marie ou un Bouddha sur le cœur, si ma peau blanche augmente ma taille ou donne à mon regard l’éclat bleuté d’un fusil mitrailleur. On me demande d’où je viens, quel héritage...

  • J'écris

    27 avril 2021

    J'écris comme on avance à pas de loup parmi les bruits et les silences ... Alors les yeux et les mains dansent sur la page où la vie n'est plus qu'une fenêtre ouverte sur l'horizon, après que la vie se soit vécue avec ses temps obscurs, ses joies et ses...

  • Frémissements d’un papillon

    27 avril 2021

    Des larmes sur une pierre humide De la fenêtre, on voyait des arbres, silencieux et étonnés. Ils avaient fini par se résigner. Il y a ce matin-là qui est resté inachevé… ça ne saigne plus, mais ça fait toujours mal. Le bras a lâché au niveau de l’épaule,...

  • Pour contrer le silence

    27 avril 2021

    Aujourd'hui que l'oasis étouffe sous le sable, que la beauté du monde est livrée aux mirages, qu'on troque l'or du temps pour une monnaie de singe, que les années s'étiolent dans un temps de faussaires, que les hommes s'entêtent à se prendre pour Dieu,...

  • Anniversaire

    26 avril 2021

    en 1977 j’ai publié les petits chevals amoureux où se trouve ce poème : en mille neuf vents trente-huit mon Papa et ma Maman s’aimaient et parfois après le tennis ils baisaient un peu en mille neuf vents trente-huit dans la belle odeur d’après le tennis...

  • Le phénix

    25 avril 2021

    Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud Pour la neige qui fond pour les premières fleurs Pour les animaux purs que l’homme n’effraie...

  • La descente de l'Escaut

    25 avril 2021

    Q uand la lumière née de l’estuaire m’éblouit m’aveugle Lorsqu’elle m’incite à tourner le dos à cette clarté ainsi propagée autour de moi J’éteins la lampe modeste du nid retourné Longuement je regarde les petits corps chauds Dès lors les mots ne m’assaillent...

  • Margie

    25 avril 2021

    Je laisse sans regret s’écouler les injures et je passe mon chemin au bord duquel les doux les serviables plantent sans impatience ces arbres magnifiques du mépris Je suis seul avec mes jouets tête genoux et rire laissés de côté par mes commerçants je...

  • Libre éloge de la langue francaise

    25 avril 2021

    à Olivier Germain-Thomas De temps à autre il est bon et juste de conduire à la rivière la langue française et de lui frotter le corps avec les herbes parfumées qui poussent bien en amont de nos vertiges d’ancien nègre marron. Ce beau travail me fait avancer...

  • Arbre de l'oubli

    13 juin 2021

    « Un roman bouleversant sur la quête des origines. » - Annick Cojean, Le Monde « Avec cette œuvre tentaculaire, l’écrivaine fait le portrait d’une humanité touchante, dont la beauté réside dans le doute permanent qui l’anime et dans son infatigable quête...

  • Le sac usé de la vie

    13 juin 2021

    Il ne s’agit pas de sortir de l’enfance et du rêve mais d’en garder la sève. Le sac usé de ma vie laisse tomber des miettes. Il en poussera plus tard du pain et des pommiers. En écrivant du fond de la mort, j’ai retrouvé la vie. Les arbres s’interrogent...

  • La fatigue culturelle des canadiens-francais

    22 avril 2021

    La fatigue culturelle des Canadiens-français (Hubert Aquin) Je viens de relire, grâce à un partage de Pierre Schneider, le célèbre texte que Hubert Aquin a écrit (Liberté, 1962), en réponse à un article paru dans Cité libre dans lequel Pierre-Éliott Trudeau...