Top articles
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Petite fricassée
Aujourd'hui soleil à ras bord La scie de l'été à tue tête Le sémaphore à bout de bras En pleine gaieté , en pleine lumière, les jupes dansent au coucher du grand citron presque noyé Soleil à ras bord jusqu'en soirée Je goûte l'euphorie de la brasse coulée...
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La force des racines
Je ne veux plus de claquements de portes, de claquements d’armes, de claquements de dents, de craquements d’os. Je veux des claquements de doigts sur un air de fado, des claquements de langue, des claquements de mains, des lapements de chat derrière l’oreille,...
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Bataclan
il y avait des oiseaux des oiseaux par milliers des tout petits oiseaux de toutes les couleurs aux feux des projecteurs qui dansaient chantaient riaient les chasseurs sont venus ont ouvert d'autres feux le sombre a tout couvert les oiseaux sont tombés...
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Une libraire
La vie de Sylvia Beach, jeune Américaine née en 1887, fille de pasteur ayant choisi la France pour devenir libraire et éditrice, est un véritable roman du XXe siècle. Créatrice de la librairie Shakespeare and Company à Paris en 1919, éblouie par James...
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Nostalgie sourde
…Pouvoir t’oublier rivière des Métis Sainte-Angèle et tout le Bas-fleuve qui coule atrocement dans mon âme j’étais née pour m’accouder sans ambages au flanc des montagnes dans les soleils de cuir et le vent des bouleaux j’étais née pour d’humbles camarades...
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L'exil
I l a poussé son chevalet dans une coin de l'atelier. Ses mains ne voleront plus sur une toile. Il a perdu ses couleurs, les noms de ceux qu'il aime. La lumière ne sera plus peinte. Il est l'exil. Une pierre ferme l'horizon. La cisaille mord l'attache...
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L'Autre Versant (extrait)
(...) Si je ne suis pas mort c'est par respect de l'autre, pour les fourmis, les fleurs, pour un seul rire d'enfant qui me ramène à toi, pour la beauté des femmes à chacun de leur âge, pour l'aventure, le rêve qui font encore le mur, pour les vieux amoureux...
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Remerciements
Remerciements Emma, je vous écris ici comme une dédicace. Je vous dois d’être là. Tout le monde vous écrit en ces temps, vous remercie, vous admire, vous applaudit. Moi je pense à vous. Vous êtes une des femmes les plus importantes de ma vie. Et j'ai...
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Candeur
Ainsi se présente Léon Deubel, poète "maudit" qui n'eût même pas l'honneur d'apparaître dans la fameuse anthologie de Verlaine et mourut dans la plus ostensible misère, comme Germain Nouveau, l'ami de Rimbaud et Verlaine. "J’ai voulu que ma vie entière...
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Poème à Lou
Je t’écris ô mon Lou de la hutte en roseaux Où palpitent d’amour et d’espoir neuf coeurs d’hommes Les canons font partir leurs obus en monômes Et j’écoute gémir la forêt sans oiseaux Il était une fois en Bohême un poète Qui sanglotait d’amour puis chantait...
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Cent ans de mémoire
Cent ans de mémoires coulent dans ta rivière J’ai vu au nord de ta joue un naufrage au sud de ta bouche une promesse J’ai vu nager tes amours de pierres jointures nouées à la terre sauvage au froid des hivers qui repoussent Cent ans de mémoires émergent...
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Poème gitan
O terre, O forêt, Je suis votre fille. Bercée au son des arbres, rythmée au bruit du sol. La rivière me transforme telle une mélodie dans une chanson tzigane. Je rejoins les montagnes, dressées haut dans le ciel, J’ai mis ma plus belle jupe, cousue avec...
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Ils étaient
Ils étaient des sourires, ils étaient des sanglots Ils étaient de ces rires que font les chants d'oiseaux Ils étaient des matins quand on va bord de mer Ils étaient cœur chagrin, ils étaient cœur lumière Ils étaient des poèmes, Ils étaient des oiseaux...
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Dernier brouillon
J'ai mangé les derniers brouillons du livre que je pouvais écrire Sur la table basse à côté de ma tombe ouverte j'ai posé ma plume Mes doigts enfouis dans la semoule chaude cherchaient ma bouche Je n'ai pas trouvé l'adresse du rêve que j'avais dessiné...
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On aborde pas la mort
On n'aborde pas la mort comme on le fait d'un homme. Tôt tard, le rire s'achève en râle. Le suc de la durée finit toujours par sécher. J'ai bu mes larmes avec du vin, beaucoup de larmes et trop de vin. Je suis malade, ce matin. Je chauffe le gros camion...
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À la lueur de la lune
J'écris surtout la nuit, à la lueur de la lune, avec du vrai papier, avec du sang, de la sueur et de l'encre. Chaque phrase est comme un creux du lit, un coin d'oreiller mouillé de fièvre. Où vont-ils ceux qui n'arrêtent jamais? Tous les aéroports se...
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Un grillage au fond de l'eau
Il faut oser la liberté, oser dégrafer toutes les enseignes du dire, détacher les sangles moralisatrices et les dogmes purulents. Tout brûler et tout rendre sans nuance à la bouche percée, à la parole détachée. J’apprends chaque jour à ramasser les cendres...
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Les marcheurs de rêve: Jean-Philippe Salabreuil
Né le 25 mai 1940 à Neuilly-sur-Seine, Jean-Pierre Steinbach – qui prit le pseudonyme de Jean-Philippe Salabreuil – meurt à Paris le 27 février 1970. Trois recueils de poèmes constituent son œuvre: La Liberté des feuilles (1964), ce livre, dont le titre...
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Les fantômes
Aujourd’hui ma nuit est enroulée Dans le temps d'avant L’image du père absent Qui ne venait pas souvent Le visage de ma mère Lorsqu’elle se penchait sur la vie Dans le berceau Dans le jardin Le visage de ma mère emmurée Assoiffée du moindre souvenir luisant...
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La pérégrine des mots
Je rends hommage à ceux qui parlent au vent, les fous d'amour, les visionnaires, à ceux qui donneraient vie à un rêve. Aux rejetés, aux exclus. Aux hommes de cœur, à ceux qui persistent à croire aux sentiments purs. A ceux qui sont ridiculisés et jugés....
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Un sourire à ensemencer
Dédié à Jean-Marc La Frenière, braconnier d'avalanches en cavale Il y a de ces moments où tu voudrais catapulter des accents circonflexes à la cime des falaises et scier au godendart des éboulis de cédilles. Dans la brise des briques et l'écume du ciment,...
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La mémoire du siècle
Je mourrai de la même blessure au flanc que le siècle qui m'a vu naître des lignes de front me serviront de notes et les ossements sous la terre d'échelons vers la douleur partout dans le monde des mères attendent la cartographie de leurs deuils et que...
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Les fourmis
Les fourmis poursuivent la conquête du monde. Le sol se dérobe sous le pied qui a marché dans une fourmilière et se trouve soudain attaqué. Les fourmis rongent les murs et les maisons s’écroulent. Elles envahissent les lampes et la lumière s’éteint. Elles...
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Poème du pissenlit
Boudé par la machine à découper le gazon, la persévérance des racines plonge au coeur de la terre, salué par les bourdons comme la manne des printemps tardifs, le voisinage s'affole quand le golfeur s'égare dans la trappe de sable, les pelouses effrontées...
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Nous nous tairons un jour
Oui nous nous tairons un jour oui depuis le début je dis que les mots nous cachent des choses mais il faut bien convenir que le chant nous habite et que, comme les oiseaux, nous aimons gazouiller Et parfois, oui, nous rugissons comme un lion en cage nous...