Top articles

  • Une cage de papier

    19 novembre 2020

    Je transporte avec moi une cage de papier. Il me faut sortir pour libérer les mots. Laissant dehors les images, je rentre avec la cage vide retrouver le silence. La nuit est la mémoire des lumières. L’absence est une passerelle d’une présence à l’autre....

  • De cela

    19 novembre 2020

    Je veux parler juste. Ma parole de femme. Le jour un peu moins lourd, les paupières moins lasses. Porter la cruche à deux, quatre mains pour puiser. Pailles et poutres jetées. Je n’ai qu'aimer, des sandales vieilles, quelques mots de papier. Passante...

  • Je ne passe pas à la télé

    19 novembre 2020

    JE NE PASSE PAS À LA TÉLÉ je n’ai pas posé de bombe dans les synagogues parisiennes je n’ai pas pissé au hasard dans les clubs de tennis de Westmount je n’ai pas bu du vin à l’intérieur des mosquées je n’ai pas bandé pour les nues de la Chapelle Sixtine...

  • Tout craque

    19 novembre 2020

    Tout craque de partout, le feu, le froid, le vent. Le quotidien, c’est la violence organisée. La mer n’est plus qu’un dépotoir. Les poissons plongent vers le fond. La terre n’est plus qu’un terrain vague. Les oiseaux montent vers le ciel, abandonnant...

  • Le poète de la tour

    17 novembre 2020

    Sans obédience mais non sans musique Sans religion mais non sans mystère Nous qui sommes du soleil sans être païens Nous qui sommes du Christ sans être chrétiens Nous qui sommes la paix sans être vaincus Nous portons la beauté sur les autels de verdure...

  • Dehors dedans

    17 novembre 2020

    Dehors comme dedans la lumière est partout dans nos crevasses elle s'insinue et rayonne dans l'ombre des tourments et les broussailles du quotidien elle est poésie dans les plaines comme sur les balcons agit dans la mémoire de l'essentiel elle s'écrit...

  • Je me tiens droit

    17 novembre 2020

    La saveur d’être là imprègne chaque pas. Je me tiens droit devant l’échec, devant la perte et le silence, devant la mort et la douleur. Je tire dans la nuit une corde invisible. Je me tiens droit devant la vilenie, la vanité, la peur. Je me tiens droit...

  • Demain est toujours

    17 novembre 2020

    Dans le vieux bazou de mon destin ton amour est venu gonfler les pneus, refaire le plein, enlever les freins et le volant. Plus besoin d’essuie-glace, il fait soleil sur le capot. Les jantes de roue font du chapeau et le moteur éclate de rire. Le klaxon...

  • Entre les lignes

    17 novembre 2020

    À l’étage du ciel, dans la bibliothèque du cœur, j’échange des regards avec les livres, les parchemins, les pages mais les morts dans la cave font résonner leurs pas entre toutes les lignes. Le doute et la souffrance s’installent sur les chaises. Le bonheur...

  • Un manteau de caresses

    17 novembre 2020

    J’écris comme un manteau pour nous garder du froid, un bateau pour nous rejoindre, un loup pour te manger. Le cœur que je porte en hiver, c’est toi qui le tricote. Chaque maille est une caresse. Tes yeux, on dirait des soleils qui nourrissent les plantes....

  • Dans la maison du monde

    16 novembre 2020

    Dans la maison du monde il y a des enfants avec ou sans parents des blancs des noirs des jaunes des rouges dans la maison qui bouge. Autour rôdent les ennemis la faim la soif la maladie le chômage et les bombes. Il faut lutter pour la beauté du monde....

  • Dédicace

    16 novembre 2020

    Je ne vous écris pas de lettres, mais il me serait facile de mourir avec vous. Doucement, nous nous laisserions glisser le long des lunes, une première halte auprès des cœurs de laine, puis une autre parmi les loups, les framboisiers et ce feu que rien...

  • Poèmes jamais assemblés

    16 novembre 2020

    Au-delà du tournant de la route Il y a peut-être un puits et peut-être un château, Ou peut-être simplement la route qui continue. Je ne le sais pas ni ne pose la question, Et quand je suis sur la route avant le tournant Je ne regarde que la route avant...

  • Enfants du Bataclan

    15 novembre 2020

    Damien Saez / Les enfants paradis 2016 www.culturecontreculture.fr Ils étaient des sourires, ils étaient des sanglots Ils étaient de ces rires que font les chants d'oiseaux Ils étaient des matins quand on va bord de mer Ils étaient cœur chagrin, ils étaient...

  • Le quotidien (journal des plantes)

    14 novembre 2020

    On change de drapeau sans changer de peau. Le quotidien parfois s’échappe dans le rêve. Le jour gagne et nous perdons le temps. La mort pour une fois n’est pas au rendez-vous. Le corbillard attend, son compteur à zéro. La pluie qui lave les pavés chasse...

  • L'homme pour l'homme

    15 novembre 2020

    L’homme est un loup pour l’homme L’homme est une corde pour l’homme Ne te laisse pas engouffrer Ne te laisse pas serrer L’homme est une pelle pour l’homme L’homme est un traître pour l’homme Ne te laisse pas anéantir Ne te laisse pas trahir L’homme est...

  • Je crois

    15 novembre 2020

    Je n'attends plus une occasion spéciale ; je brûle les meilleures bougies les jours ordinaires. Je n'attends plus que la maison soit propre ; je la remplis de gens qui comprennent que même la poussière est sacrée. Je n'attends plus que tout le monde me...

  • Lune neuve

    14 novembre 2020

    A vouloir chevaucher la lumière qui transporte avec elle tout le passé des hommes et de l'univers ai-je jamais rien fait d'autre que de m'égarer dans un livre obscur Ce ne sont pas mes parents qui m'ont perdue dans la forêt je me suis abandonnée moi-même...

  • Le temps des cerises

    15 novembre 2020

    Il n’est plus nécessaire d’interdire l’amour. Tout le monde s’en fout. Les écrans veillent du haut des miradors. On a beau compter les semaines à l’envers, tout le monde vieillit plus vite malgré les apparences. On naît déjà vieillard sans connaître l’enfance....

  • Pour Chibouki

    15 novembre 2020

    photo: Stéphanie Bellet Ce sont des mots d'amour. Que je fais, défais. Trajet de nuit pour mieux voir l'étincelle. Gabare, lune droite au-dessus des toits. Echeveau maladroit de mots en dents de lait que je voudrais canines. Mal vêtue, mal coiffée, ongles...

  • Mon coeur tout cassé

    15 novembre 2020

    Tu as remis à flot mon cœur tout cassé. Chaque morceau du puzzle s’ajuste sous ta main. Tu as remis le ciel au ciel, le fleuve dans ma voix, l’image dans mes yeux, la fleur dans sa terre, des fruits sur les branches du jour. Ce que j’ai oublié d’écrire...

  • Renier son sang

    15 novembre 2020

    Je souhaite Dieu, condamné à l’éternelle urgence de l’entendre écrire l’amour fit de lui un itinérant paranoïaque, traître sans cause seul, sale et affamé sans œufs ni savon, pour qui tout pèse dans une balance immédiate un déraciné regardant par terre...

  • Un quignon d'empathie

    15 novembre 2020

    Il n’y a pas de mot précis pour nommer les mots. Ils sont nommés par les choses qu’ils disent. Le blanc entre les mots n’est jamais du silence. C’est un espace par où passe la vie. Il y a longtemps que mes phrases ont perdu leurs pantoufles. Elles saignent...

  • Nous sommes présents au monde

    15 novembre 2020

    ``...Parce que nous en avons assez d’être parqués dans les pâtures empoisonnées du malheur parce que nous en avons assez de loger dans l’aile en ruine de l’histoire parce que dans nos poignets brûlent des avoines et des seigles de tendresse parce que...

  • 13 novembre

    13 novembre 2020

    Il y a 5 ans. L'horreur ! Déchirant le papier, les mots sont venus - bruts - dans la nuit. Mon amie Cécile B, calligraphe, a honoré mon texte de sa belle écriture, l'a ensuite exposé dans un Salon du Livre, puis me l'a remis. Il y a ce café fort bu sur...