Top articles

  • Une raison de vivre

    04 septembre 2020

    N ous faudra-t-il inventer une raison de vivre pour contrer l’économie ? On n’a pas vu mes larmes. On n’a pas vu mon sang. La vie commence avec un capital d’illusions, avec la mort en supplément. Dans l’oppression de ma poitrine, un air d’ocarina (mon...

  • Des marques d'oiseau

    23 novembre 2020

    Il neige sur ma page des traces qui s'effacent. Rus de montagne en souvenance de torrent, les mots suivent le chemin et le gouffre. Dangereusement au hasard, leurs pas vacillent au bord du jour. L'espérance abandonne le combat. Tout se tait. Seul, au...

  • Le zéro pur des cancres

    22 novembre 2020

    En hiver, les abeilles ne dorment pas vraiment. Elles butinent le rêve. Une minute, une semaine, une année, qu’importe à la bave des limaces. Qu’importe à la lumière des étoiles les navettes spatiales. Qu’importe au volcan la braise d’un mégot. Il est...

  • Le verbe être

    22 novembre 2020

    Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas d'ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C'est le désespoir et ce n'est pas le retour d'une quantité de petits...

  • Filles du vent

    22 novembre 2020

    Ils sont venus. Ils envahissent le sang. Ils sentent les plumes, le dénuement, les larmes. Mais toi tu nourris la peur et la solitude comme deux petits animaux perdus dans le désert. Ils sont venus mettre le feu à l'âge du rêve. Ta vie est un adieu. Mais...

  • Une maison

    21 novembre 2020

    Je lave mon passé avec l’eau du cœur, la lavande et l’espoir. Une fleur me suffit pour faire une maison, un géranium, un mimosa, un grain de blé pour faire du pain, deux ou trois notes ou quelques mots, deux ou trois pommes sur une claie, une volée de...

  • Peupliers

    21 novembre 2020

    « Peupliers, fils frêles des brûlis, peuple pur des terres vierges et du fiel gris des incendies ; peuple attentif au sort douloureux du vent ; peuple venu au-devant de sa peine, quand passe le long veuvage du vent et l'anneau vide de son accord. » Rina...

  • L'italique du jour

    22 novembre 2020

    C’est une force une vigueur Le fragile au bord, tout au bord. L’épousée retroussée qui enjambe le vide et enlace le rêve C’est l’animale plénitude plus vaste que la peur et la raison mauvaises Un sursaut, un orage, et l’inlassable horloge qui ne veut...

  • Avec Lecoin

    22 novembre 2020

    Voilà que les poissons grimpent aux arbres, à présent ? Voilà que les oiseaux se cachent sous la terre ? Voilà que la tortue se gourre et va crever loin de la mer ? Dites, ça ne vous fait pas chier, ce monde-à-chien ? Tout le monde fout le camp : Marilyn...

  • Hébétés

    22 novembre 2020

    On s’hébète. On s’embête. On cloche-pied. On fait sonner les cloches au beffroi de l’ennui. On mâche le silence. On boite au bord du vide. On ressemble à un sac oublié sur un banc. Il n’y a plus de chemin. L’horizon est comme un chien couché. Les fleurs...

  • Mon nom

    22 novembre 2020

    là où l’aventure garde les yeux clairs là où les femmes rayonnent de langage là où la mort est belle dans la main comme un oiseau saison de lait là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe de prunelles plus violent que des chenilles là...

  • Les ombelles

    22 novembre 2020

    Les ombelles ne font pas d'ombre mais de l'ombe : c'est plus doux. Le soleil les attire et le vent les balance. Leur tige est longue et sans raideur. Mais elles tiennent bien en place et sont fidèles à leur talus. Comme d'une broderie à la main, l'on...

  • Les livres

    22 novembre 2020

    Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies. Les livres devraient rester sans surveillance...

  • À vie continue

    22 novembre 2020

    Oui, à vie continue... Oui, à vie contenue il compose en lui un amour fou contre le vent il marche vers l'urgence il ne renonce pas aux amis disparus il les plante au jardin les suspend aux poignées de porte il refuse passionnément de refuser. Marie-Claire...

  • L'orage

    21 novembre 2020

    L’orage fait salle comble. La pluie tombe à la tonne. On la décharge par camions. Les bras des arbres cherchent une position, pliés ou étendus. Les éclairs croisent et décroisent leurs jambes. La terre change de place, de couleurs, d’horizon. Les nuages...

  • Le verbe être

    22 novembre 2020

    Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas d'ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C'est le désespoir et ce n'est pas le retour d'une quantité de petits...

  • Filles de la mémoire

    21 novembre 2020

    La première nous visite le jour comme les démons de midi. Pour danser elle marche sur son ombre et disparaît à la tombée de la nuit. La deuxième de noce en noce a visité tout le pays : elle chante à la tête des lits comme à la proue des vaisseaux. La...

  • Fin d'octobre

    21 novembre 2020

    Le tilleul nu et noir pleure au bout de ses branches, La grille pleure au long de ses barreaux, Et la maison pleure au bord de ses tuiles ; Dans le pin mouillé un nid de chenilles Brille Comme un flocon d'argent ; L'eau de la petite pluie. En s'écoulant...

  • La sève monte à peine

    20 novembre 2020

    L’automne aux pas de feuilles mortes, aux bras de pluie, aux yeux d’éclairs, l’automne au torse de couleurs, aux plumes d’oiseaux frais, même l’automne ne lave pas le sang versé. La terre se prépare au fardeau de l’hiver. Elle courbe les épaules pour...

  • Un briquet dans la neige

    20 novembre 2020

    J’entends bouger dans les souliers des morts. Mon placard est rempli de fantômes. Je les nourris avec de vieux habits, des boutons de chemise, des lacets de bottine. Il faut tout récurer, nettoyer l’homme de fond en comble, enlever les doigts de Dieu...

  • Il ne s'agit pas

    20 novembre 2020

    Il ne s’agit pas de savoir mais de voir. La forêt n’a pas besoin d’église, ni clocher ni minaret ni mausolée. La sève se recueille au cloître des racines avant d’aller fleurir. Le ventre de la neige mettra bas des rigoles. Le froid sublime le froid et...

  • Jeu

    20 novembre 2020

    Ne me dérangez pas je suis profondément occupé Un enfant est en train de bâtir un village C’est une ville, un comté Et qui sait Tantôt l’univers. Il joue. Ces cubes de bois sont des maisons qu’il déplace et des châteaux Cette planche fait signe d’un toit...

  • L'autre côté des choses

    20 novembre 2020

    Ce ne sont pas les portes qui nous arrêtent, c’est l’invisible. Je voudrais pénétrer l’autre côté des choses, les trous noirs, les absences, les manques, ouvrir les yeux dans les ténèbres et trouver la lumière. Je suis un écolier pendant les derniers...

  • Je suis le père

    19 novembre 2020

    Je suis le père oublié sur le mur. La voix de l’ogre dans le couloir. Je suis le père assis dans l’ombre du grand buffet avec mes doigts énormes, mordu de rouille et de tabac. Je suis le père qui a de la crasse sous les ongles et sa barbe du vendredi....

  • Bruma

    19 novembre 2020

    La planète est une fille outragée Avec des jours sans poupées et des yeux sans pupilles Sa valise attend sur n'importe quel quai À côté de millions de douleurs sans écho Un train qui portera son cœur sans gants dans la tombe Une épidémie défoulée sur...