Top articles
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Poème politique
Photo : Prison Sainte-Pélagie, Paris - Eugène Atget, 1898 1832 Dans Sainte-Pélagie, Sous ce règne élargie, Où, rêveur et pensif, Je vis captif, Pas une herbe ne pousse Et pas un brin de mousse Le long des murs grillés Et frais taillés. Oiseau qui fends...
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Nombreux seront nos ennemis
Le livre de Geneviève Desrosiers « Nombreux seront nos ennemis » est farouche, tendre et d’une grande profondeur. Voici un extrait de « Tu » : « Tu perdras une à une les perles. Toutes les perles. Ta conversation n’en sera pas diminuée, mais atrophiée....
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Des bords des Pyrénées
photo: Gérald Bloncourt Je viens de ce pays au tout près de l'Espagne Où les monts arrondis ont les pieds dans la mer J'en ai gardé le chaud et le goût de l'accueil Il y avait une cour dans la vieille maison Nous n'avions pas grand chose mais nous le...
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L'inconfiance
sérigraphie: Claire Cuenot Le paysage s'est arrêté. Une rumeur revient, toujours la même, la soif des fontaines sur un pays sans eau. Si je bouge, je tombe. Nul rebord. Le loup amoureux, le chaperon, le beurre et la grand-mère sont au fond du panier,...
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Le jardin des hommes
Puisque l’attente est très souvent plus fragile que la rencontre et que les nouvelles viennent trop tard, je mets les habits d’hier, je fourre les désirs rejetés et une pomme dans ma poche. Perdu dans tes rêves tu ne reconnaîtras pas mes lèvres. Les rues...
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Comme une bêche
Comme une bêche brisée sur le dos de la terre, ce fil trop grossier pour le chas d'une aiguille, cette parole debout sur les balbutiements comme une pêche pourrie avant d'être mangée, ce visage perdu dans la galerie des glaces, ce silence couché sur un...
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Une colombe si cruelle
"Le jour mûr parlait aux montagnes : « Je suis bien fatigué désormais, bien fatigué. Laisse-moi m’allonger sur vous et demain je m’éveillerai pour ramasser les perles de mon collier, je les oublie toujours sur l’obscurité. » Et les montagnes bleuissaient,...
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Humains inhumains
Humains inhumains, je vous déclare ma haine j'en remercierais même le Seigneur Covid quand il s'en prend à l'engeance des tortionnaires des abattoirs et à celle des concentrationnaires de l'élevage. Merci Seigneur Covid mais, quand donc vous en prendrez-vous...
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Des histoires inventées
Sous les dehors bourrus d’André Forcier, soigneusement entretenus par le cinéaste lui-même, se cache l’âme sensible d’un poète, d’un fantaisiste, d’un esthète au sens noble du terme. Réalisé par Jean-Marc E. Roy, cinéaste dont les courts métrages ont...
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La femme sauvage
Je suis la femme sauvage que l'on apprivoise je suis l'entière sans détours à me donner pour qui je suis je suis la fleur abandonnée dans un champ de lumières qui grandit sous les caresses je suis l'effrontée à qui l'on pardonne dans l'instant du monde...
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Il n'y a pas de haine heureuse
L’arbre mange par les pieds. La terre respire par les arbres. Le ciel se nourrit par la respiration. La raison du profit a désaxé la terre. Il ne faut pas laisser la Bourse fixer le prix des choses ni la valeur marchande déterminer la vie. Il ne faut...
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À force de ne pas dire
Le pas lourd du Percheron au labour La peine à tirer sans retour La charrue de tous ces jours Les yeux agrandis de nuit Les chapelets des non- dit Les pâles phalanges des serres de l’oubli Le courage qu’il faut au matin Les sillons qui ne donneront pas...
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Enfant grandi trop vite
Enfant grandi trop vite je ne retrouve plus ma jeunesse au vestiaire. Échappée d’un naufrage ma casquette de marin chapeaute une patère. Ma révolte est au clou accrochée par le cou. J’ai fait de mes deux mains des crayons de couleur. Elles dessinent le...
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À l'ombre des géants
J’ai vu des infinis sous mes paupières scellées, embrasements furtifs écartelant le ciel Des serpents de couleurs sur des terres brûlées, des rivières taries jusques aux mers de sel, aux volcans dégorgeant leurs crachats d’étincelles Au-delà du désir,...
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Comme le loup blanc
à Ile Eniger Comme le loup blanc Qui regarde la lune Qui court dans les nuages Où les hommes s’affrontent Dans des guerres sans fin Comme le loup blanc Regarder le mystère Dans toute sa force paisible Intense Libérée des calculs A pas de loup A pas de...
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Sa vie
Elle regarde sa vie Son amour est à demi parti Son corps est là mais son âme est ailleurs C'est une parole au creux de la brûlure La voix qui lui disait : "Je n'ai besoin que de la peinture et toi" Ce sont des pigments durcis et un cri brisé À l'abandon...
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Mourir à Vukovar
Si mon premier désir est de partager avec vous des regards, image après image, sur la beauté du monde, comment ne pas pas montrer aussi sa face la plus noire... En 2001, je suis en vacances avec mon fils ( douze ans à ce moment là ) chez un ami en Creuse....
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Morsure du bleu
Ce chemin s'insinue quelque part Vers une enfance de chênes A l'envers De ruisseaux vivants De pâtures Je ne sais pas d'où je viens Mes parents aussi sont flous Mais je me souviens des pierres blanches Des trésors non pris De lectures parmi les lézards...
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La peau des moutons noirs
La peau des moutons noirs ne se laisse pas tondre. Des oiseaux vocalisent près des pierres tombales. Des fleurs éclosent à l’ombre des menhirs. Des papillons s’accouplent sur la pierre des dolmens. La langue bouge dans la grotte buccale où la salive lubrifie...
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Black Label
Nous les gueux… nous les peu nous les rien nous les chiens nous les maigres nous les Nègres Nous à qui n’appartient guère plus même cette odeur blême des tristes jours anciens Nous les gueux nous les peu nous les riens nous les chiens nous les maigres...
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Du feu
J’aime que tu sois ma femme. J’ai rêvé toute la nuit à tes mains sur ma peau. Ma bouche a besoin de ta bouche, ma langue de ta langue. Comment ne pas être lié à toi ? Comment bouger la main sans qu’elle cherche la tienne ? C’est ta lumière qui éclaire...
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Les oiseaux
Matisse pour Werner Lambersy et Jean Marc La Frenière Nous n'avions qu'un ciel en partage il a incendié nos jours pour quelques lambeaux de nuages nous avons fait la guerre là où s'amusent les oiseaux nous avons tenté d'arrimer le bleu au noir de l'oeil...
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Écrire
GEORGES PERROS : ÉCRIRE... Ecrire, c’est faire vœu de pauvreté. ... c’est une question de timbre, de voix. ... Les mots laissent passer le texte, comme les fleurs, le vent. Ecrire, c’est dire une vérité que la vie ne supporte pas. ... C’est dire adieu...
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La vie est multiple
La vie est multiple de retours et de forces Avec la grâce l'on peut accéder à la plénitude Vois ce qui est offert le cueillir est sacrilège se baisser genou au sol à la manière des chevaliers et par un baiser sur le front de cette rose offerte s'en délecter...
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Sans parapluie de retour
La poésie, si elle se fait parfois prétexte, se donne à célébrer. Elle est par ailleurs douleur, elle est contestation, urgence. Et ce n’est que l’un des divers chemins qu’elle peut emprunter dans le cheminement vers le langage. Ainsi, le poète, dans...