Top articles

  • Des roudoudous d'automne

    04 septembre 2020

    J’ai fait des provisions de beau à m’en sourire l’âme, dans l’hypothèse folle où l’hiver glacerait, effleuré de tristesse. Au fond de mon panier courbé, tout en osier, des regards, des odeurs, des touchers de couleurs, des roudoudous d’automne, en forêt,...

  • La grande pointe

    21 novembre 2020

    Né au Sud de la Louisiane Décédé à San Diego Tu crois que je ne suis qu’un squelette dans une tombe dans un désert en Californie. Mais je suis vivant dans le serpent sonnette sous la feuille de tabac, la moissonneuse dans les clos de canne à sucre, le...

  • Parole rouge

    20 novembre 2020

    Parole rouge, rauque. Pas un oiseau bagué, pas une viande en trop. Les mocassins n'ont jamais altéré, le sol, le ciel. Le totem est debout, chevillé au vivant. Des racines monte la langue de la terre, la parole brûlée. Je la nomme. Je dénonce qui l'a...

  • Des kilomètres de laine

    19 novembre 2020

    Il ne faut pas pleurer sur l'homme mais lui apprendre l'espérance. Il ne faut pas craindre la mort mais apprendre à aimer. Il ne faut pas désespérer mais relire Bobin et le gitan Kerwich. Il ne faut pas prier dans une église mais à la messe des cigales....

  • Réponse à Tristan Cabral

    19 novembre 2020

    Un jour j'irai à Arcachon, j'y viendrai avec quelques-uns de tes poèmes en poche et aussi ceux que tu me lisais. Je t'apporterai des nouvelles de ceux qui t'aiment* et ton Rimbaud, le bleu de poche 498, et des poèmes, des poèmes, des poèmes, des poèmes...

  • Une échelle

    19 novembre 2020

    Dans l’arrière-cour du cœur, entre les vieilles seringues et les capotes souillées, un enfant imagine la mer dans une flaque de boue. Il prend les cailloux pour des îles. Il prend le large dans ses bas. Seul au milieu de sa faim, il prend pour un trésor...

  • L'église végétale

    17 novembre 2020

    La source est une église, la moindre flaque, le marais, la fontaine. Sa liturgie remonte à la naissance de l’eau, à celle de la soif au creux des lèvres sèches. Les grenouilles croassent dans la nef végétale, sur le bord du jubé, dans le naos des lotus....

  • La douleur des plantes

    17 novembre 2020

    La plupart des sanglots ne viennent pas de nous. Ils surgissent du dehors, de la douleur des plantes, de l’angoisse des épines, de la dureté des hommes. On est rarement dignes de la vie qu’on habite, de la beauté des fleurs, du rire des enfants. Je cherche...

  • Une abeille dans l'église

    17 novembre 2020

    Dans la vaisselle chic, c’est le voisin qu’on mange. On ne cherche pas l’amour mais la gloire. On se prend pour l’orchestre sans jouer d’instrument. À la une des journaux, l’implant mammaire d’une vedette relègue la guerre aux faits divers. On n’entend...

  • Refus

    16 novembre 2020

    Sur Emmila Gitana le blog de poésie censuré par Facebook "Je suis la rage, la rage universelle contre les limites La fleur, la Fleur d'acier La Fleur parmi les ruines La fin se lève ? Qui a parlé. Moi , un inconnu, un fantôme. Nous habitons une terre...

  • Malappris

    14 novembre 2020

    Au marché du village, j’offre mes livres entre deux pains, des girouettes en fer-blanc et des semis de tomates. Les gens lisent debout en se grattant le cul, mélangeant les images avec les bruits d’autos, l’odeur grasse des frites et les rires d’enfants....

  • Les mots

    15 novembre 2020

    Je ne possède que de l’encre pour nourrir mes enfants. Des prisonniers, des désespérés, des malades, un spirale de victimes surgissent de ma plume. Trop nu pour le silence, je m’habille de phrases. Entre l’ombre et le soleil, la chair prend sa forme sur...

  • L'oiseau-mouche

    11 novembre 2020

    De tous les êtres animés, voici le plus élégant pour la forme, et le plus brillant pour les couleurs. Les pierres et les métaux polis par notre art, ne sont pas comparables à ce bijou de la Nature ; elle l’a placé dans l’ordre des oiseaux, au dernier...

  • Un livre

    09 novembre 2020

    Ce n'est pas moi qui bouge mais les mots qui se touchent. À défaut de silence, je m'engouffre dans un cri. J'ai des bosses étranges sur les bras. Des mots me poussent sous la peau, des phrases entières, même des paragraphes. Je ne suis plus qu'un livre....

  • Le chiffonnier des mots

    08 novembre 2020

    Je n'écrirai plus. Je réapprendrai à ne pas savoir écrire. Cette vie d'écriture ne fait pas partie de ma condition de nomade. Je ne suis pas fait pour la lit térature. Je suis de la race des arbres, je crie avec le tonnerre quand il s'annonce. Je ne suis...

  • La renarde

    08 novembre 2020

    Depuis des jours elle est proche de la ville. Elle doit avoir faim, les hivers sont rudes. Certains l'ont caressée dans le sens du poil, ont donné de la nourriture, des mots, des sourires, une sorte d'attendrissement. Après tout, les hommes ne sont peut-être...

  • On va rien lâcher

    08 novembre 2020

    Ma petite gueule d'amour, mon Polo, mon ami Châtaigne. On va rien lâcher, on va aimer, regarder derrière pour rien oublier, ni les yeux bleus ni les regards noirs. On perdra rien, peut-être bien un peu, mais ce qu'il y a devant, c'est si grand. Ma petite...

  • Nous écrire

    08 novembre 2020

    Je nous vois nous écrire sur la neige ou la terre. Ta lumière ne souffre aucune obscurité. Tu es franche comme l'eau fraîche, celle où je me désaltère sans vergogne. Tu me rappelles les marguerites et les fraises des champs. Notre amour crépite au milieu...

  • Les aiguilles

    07 novembre 2020

    Des hommes de proie des homme de foi disent la messe en mort Est-il déjà trop tard ? Sous le verre des cadrans les aiguilles du monde indiquent le malheur. Le désespoir clignote sur les réveille-matins. Faut-il que le monde soit fou. Pour un soldat de...

  • Un violon de papier

    04 novembre 2020

    Des cerises, des fleuves, des oiseaux me poussent à la gorge avec la pomme d’Adam. Il y a toute l’histoire du monde dans un seul poil de barbe, l’avenir dans un œuf, une étoile qui meurt dans chaque grain de poussière. Je cogne à coups de mots sur un...

  • Dans ce monde pourri

    04 novembre 2020

    photo: Michel Langlois Dans ce monde où les chaînes ont des noms de banquiers, dans ces pages où les mots se trahissent entre eux. Dans ce monde pourri où les barreaux ont des voix d'honnêtes hommes. Dans ce crime où les autres sont toujours les coupables,...

  • Dans ce monde pourri

    04 novembre 2020

    photo: Michel Langlois Dans ce monde où les chaînes ont des noms de banquiers, dans ces pages où les mots se trahissent entre eux. Dans ce monde pourri où les barreaux ont des voix d'honnêtes hommes. Dans ce crime où les autres sont toujours les coupables,...

  • Inventaire

    04 novembre 2020

    Les grands vols d’oiseaux effacés par le vent, les voleurs de grands chemins qui ont perdu la route, le ciré des questions sous la pluie du savoir, le paratonnerre du désir dans l’orage du manque, l’incertitude de vivre malgré la certitude de la mort,...

  • Brindilles

    04 novembre 2020

    Nuages, feuillages, Bouts de cailloux, bouts de brindilles, Cheminées, graminées, Le vent, le temps, et quoi? De ce qui passe, De ce qui reste Dessus, dessous, De ce qui vient, Qui ne vient pas, Ne viendra pas, Fleurs de granit, Œil de zénith, Eau mal...

  • Séjour à l'hôpital

    04 novembre 2020

    Avachi sur une chaise roulante ou sur un lit d'emprunt, en jaquette à pois mal attachée, je réveillerai les morts qui hantent l'hôpital. Des vieux surissent sous leurs pansements. Des amputés cherchent leur jambe. Des éclopés crient au secours. Des infirmières...