Big Fish
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Je n’arrive plus à savoir le vrai du faux
C’est comme dans le film Big Fish
À la fin, on le sait, le Poisson Magique
EXISTE
Mon père a été l’un des premiers
Dans les années 70
À recueillir les légendes indiennes
Métis, lui-même, et ami
Du grand chef des Algonquins
En 77, j’ai rencontré mon père
Dans son garni, rue Saint-André
Saint-André, le premier apôtre
Avons fumé le calumet
Nous étions fin février
Nous avions gardé nos bottes
Dans le salon, le décorum, très peu pour lui
La sauge emplissait la pièce
Elle se mêlait à la fumée des cigarettes
Que nous enchainions les unes aux autres
Dans une sorte de brouillard cosmique
Au cours cette cérémonie
J’ai été gratifié d’un nom autochtone
Tortue-quelque chose, Tortue-solidaire
Tout cela me semble si loin, si irréel
Tous les amis-poètes de mon père
Sont disparu, à commencer par Langevin
Pierrôt Léger, Georges Raby, et le petit dernier
Michel Bujold, Bujold qui n’a jamais pris
Personne au sérieux, pas même lui
Tous ces personnages mythiques
Savait une chose
Le Big Fish EXISTE.
Bruno Lalonde
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