Marlo

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Photo de Madeleine Ghys

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Merci, monsieur Michel
Merci, maître Garneau
Le premier mai dernier, vous avez eu la gentillesse de faire écho à un texte
où un certain marleau de ma petite histoire chantait sa chanson d’oiseau de bonheur.
Le voici, ce texte de vous, ce poème généreux avec un marlo de votre répertoire.
Si ample et si beau.
 
Dans le langage à voir et à plumes
les oiseaux que je tête à queue
sont le marlo qui chante fidèle
dans le poème de mon peuple
et l’alouette qu’on joue avec
dans le délire charnu des mots
et le moineau des grands sacres
dans l’hiver et vers le fleuve
la sarcelle de nos souvenances
tels vivent forts et volent folles
les oiseaux les oiselles des parlures
je connais le hautain pingouin de solitudes
qui dit les mots d’azur invérifiables
et celui que j’aime bien quand même
le sérieux hibou qui jongle pour nous tous
mais mes meilleurs franchement demeurent
le marlo et l’alouette le moineau
et la sarcelle de la parole fraternelle
qui m’invente en me faisant chanter.
 
Michel Garneau
 
J’ajouterai, monsieur Michel, que votre marlo chantera longtemps encore sur la mémoire des branches emportées,
invisibles et pourtant vivantes, vibrantes en l’air.
Merci.
 
Jacques Boulerice
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