Brouillon

Publié le

Brouillon
Publicité

Un si petit espoir de rire
à l’ourlet de mon cœur

J’ai usé tous les mots de ma bouche
comme les pétales arrachés
aux pierres rugueuses
de mes  souvenirs
 

Un si petit espoir d’écrire
frotté mes mots

aux sables métisses des rivières
tutoyé les berges toujours vierges
de l’aphonie
 

Un si grand espoir d’aimer
pour caresser entièrement

l’incomplétude qui m’habite
réalié enfin la trace infime de l’escargot
bien plus éternelle que mon cri exophtalmique

épuisé et poussif
rencontré le désert d’un petit Prince
où aucune Rose ne prend racine
où le sable se dérobe sous les doigts
comme des rêves d’enfants

Un si grand espoir de vivre
qui ne tient qu’à un fil
un rêve de vieillard
qu’il ne fera plus
acculé aux yeux de sa jeunesse
 

Un si grand désespoir de rire
ne tenir qu’à un fil
ne tenir qu’à un mot
accroupi au visage sans fard des souvenirs

Un si grand désespoir d’oublier
les cicatrices du sourire,
celles du plaisir

et les quelques "Toi ma vie" qui résistent en moi
comme des tumeurs vivantes.

 

Jean-Luc Gastecelle

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article