Grécité

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La maison, le chemin, le figuier et les pelures du soleil que les poules picorent dans la cour.
Nous connaissons ces choses. Elles nous connaissent.
Sur le sol, parmi les ronces, la couleuvre a laissé son chemisier jauni.
Sur le sol, la masure de la fourmi, le donjon de la guêpe avec ses meurtrières,
sur le même olivier la carcasse d'une cigale morte l'été dernier
Et le chant de l'autre cigale née pendant cet été
Et ton ombre te suit comme un chien épuisé, silencieux,
un chien fidèle – à midi, il s'assied près de ton lourd sommeil en respirant les lauriers-roses
Et le soir, il se couche à tes pieds en regardant les astres.
 
Yannis Ritsos
– Grécité
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