Murales

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ART / ERNEST PIGNON-ERNEST
L'HISTOIRE INSOLITE D’UNE ŒUVRE CHOISIE : « La mort de la Vierge » (1992).
(Avec 2 Dessins à la pierre noire :
« La mort de la Vierge » & « Antonietta ». Originaux collés à Naples - 1992.
VOICI L'HISTOIRE : « La mort de la Vierge ».
En parcourant la biographie de Ernest Pignon-Ernest, je choisi une petite histoire qui a retenue toute mon attention et qui est liée au dessin unique et originale qui s’intitule « La mort de la Vierge », d'après CARAVAGE, un dessin réalisé à Naples dans les années quatre vingt dix. Un grand dessin à la pierre noire que l’artiste a collé dans un endroit bien précis. Il avait repéré un grand mur tout près de deux vielles dames, vendeuses à la sauvette, chose très habituelle dans la ville de Naples et qui vendaient l’une, des serpillières et l’autre des cigarettes de contrebande. Il colla alors son dessin sous les yeux des deux femmes étonnées. Il prit la photo comme trace de son intervention et s’en alla. Résultat, il semble que la Vierge est discrètement accompagnée par ces deux femmes napolitaines. Par la suite, de passage à Naples, Ernest Pignon-Ernest passe rendre visite aux femmes qui semblent toujours tenir compagnie et veiller sur la Vierge mourante. Personne ne s’avisa de décoller le dessin, d’ailleurs les deux gardiennes prennent gentiment soin d’elle, (Maria à gauche et Antonietta à droite, accoudée sur les serpillières). Ce dessin restera intact durant deux années. Un jour, de retour à Naples, l’artiste passe dans la rue et remarque aussitôt l’absence des deux femmes. Le dessin toujours là, et qui commençait à s’abîmer faute d’entretien. Il cherche à avoir des nouvelles et rencontre Maria, l’une des deux femmes, qui habitait non loin de là - et lui dit en sanglotant : « Mon amie Antonietta est morte il y a un mois et je suis trop triste. Depuis cinquante ans toutes les deux nous tenions notre étale dans la rue. Toute seule, aujourd’hui je suis incapable de continuer. » Ernest Pignon-Ernest, bouleversé par cette nouvelle, promis à Maria de revenir la voir bientôt. Ce qu’il fait un mois plus tard. Il ne revient pas seul : il amène avec lui un dessin original qui rendra hommage à Antonietta. Il le colle juste à l’emplacement ou était assise - à l’endroit même où elle avait son étale de serpillières.
ANTONIETTA
Les passants et voisins de la rue étaient étonnés et heureux de trouver l’image de la vieille dame qu’ils avaient l’habitude de voir dans la rue pendant de nombreuses années. Incroyable mais vrai, les italiens sont des gens étonnants. Les voisins de la rue ont depuis collé une vitre sur le dessin pour le préserver et ont réhabilité la niche pieuse située juste à côté ; Ils y ont mis des fleurs et des bougies. Ils vénèrent désormais Antonietta comme une sainte et saluent son souvenir. La belle histoire discrète et émouvante d'une œuvre de cet artiste hors du commun.
Des images au risque d’embellir le cœur des hommes.
PHOTOS : Dessins à la pierre noire original. « La mort de la Vierge » - « Antonietta ». Et en bonus, aujourd'hui, une scène habituelle dans une rue de Naples.
 
Daniel Siino
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