Très vieux poèmes

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Très vieux poèmes

Sur les murs des prisons
j’en connais qui dessinent
des oasis de tendresse.

J’en connais qui butinent
fleur à fleur mot à mot
contre la pourriture
sur l’ennui des écoles.

J’en connais qui inventent
des jungles de papier
des paradis perdus
des oiseaux qui s’envolent
entre les règles de grammaire.

J’en connais qui cultivent
des forêts de symboles
entre les chiffres des comptables.

J’en connais qui écrasent
les mégots de l’hiver
sous les semelles du vent.

J’en connais qui s’embrassent
entre les barbelés
mes rêves courent eux
entre les bras de l’anarchie.

 à 15 ans

 

Je ne lis plus l’avenir
dans la poussière du passé.
Je ne vois plus le monde
par le prisme des larmes.

Je caresse un soleil
sous la crasse des pauvres,
le trésor d’un fruit
sous les écorces amères,
la nudité d’un arbre
sous le verglas du temps.

Je devine un miracle
sous l’apparat du deuil,
des mots trempés d’audace
dans le silence des muets.

J’entends de la musique
dans le bruit des crécelles,
des couleurs en relief
sous la brosse des peintres.

Un caillou dans mes bottes
m’entrouvre l’infini.
Mes mots sur le papier
survivent au naufrage.

à 16 ans

Jean-Marc La Frenière

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